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vendredi 30 janvier 2009

Retraite : les prestations 2009



Cela fait quelques jours que je compare la CARPIMKO de 2008 avec celle de 2009. J'ai commencé par les cotisations (en bouillant intérieurement). Hier, j'ai parlé des prestations du régime invalidité-décès, qui ont augmenté de 3%. Voyons aujourd'hui ce que touchent nos collègues retraités.

  1. Régime de base (voir ici pour le mode de calcul) : le point de retraite passe de 0,518 à 0,522 €, soit une augmentation de 0,77%.
  2. Régime complémentaire (voir ici pour le mode de calcul) : le point passe de 17,48 à 18 €, soit une augmentation de 2,98 %.
  3. Régime des praticiens conventionnés (voir ici avant la navrante réforme 2008, ici maintenant). Le point acquis avant 2006 reste à 2,60 €. Le point acquis depuis 2006 passe de 2,60 à 1,20 €, soit une PERTE de 54% ! Pendant ce temps, les cotisation à ce régime explosent. J'espère que c'est notre contribution au redressement des comptes du pays.
Les retraités ne suivent donc pas aussi bien l'inflation que les malades et les familles des collègues décédés. Seul le régime complémentaire joue presque le rôle d'un vase communicant : nous payons 3,2% de plus et nos aînés sont augmentés de 2,98%. Au total, la CARPIMKO appauvrit ceux qui travaillent (voir ici), mais ses retraités décrochent aussi fortement par rapport à l'inflation, quand on additionne les 3 régimes. On peut lui faire confiance pour nous asphyxier durant notre carrière, sans chercher à savoir si les lettres-clés suivent ; puis pour nous faire perdre toujours plus de pouvoir d'achat après 65 ans. Décidément, mieux vaut épargner soi-même que compter sur ce système obligatoire

jeudi 29 janvier 2009

Invalidité-décès : les prestations 2009




J'ai donné le 25 août dernier les montants 2008 de ce que la CARPIMKO nous verserait en cas de maladie, d'invalidité ou de décès. Etant un peu pressé, ce soir, je vais copier-coller mon article de 2008 en y mettant les montants 2009. Je finirai par un petit commentaire sur l'évolution.

Chaque orthophoniste libéral verse une cotisation forfaitaire annuelle, qu'il peut mensualiser, au régime Invalidité-Décès de la Caisse Autonome de Retraite et de Prévoyance des Infirmiers, Masseurs Kinésithérapeutes, pédicures podologues, Orthophonistes et orthoptistes (CARPIMKO). Cette année, le montant est de 654 € (voir l'article d'avant-hier), pour obtenir le droit aux prestations suivantes :

  • Incapacité temporaire de travail : de 0 à 90 jours d'incapacité de travail, l'orthophoniste ne touche RIEN ! De 91 à 365 jours, l'allocation journalière est en 2009 de 45,21 €, majorée de 8,22 € pour conjoint, enfants à charge ou « infirmes ». La majoration est de 16,44 € pour tierce personne à charge.
  • Invalidité partielle : à partir du 366ème jour d'incapacité supérieure ou égale à 66%, la rente d'invalidité partielle est de 6 165 € par an, sans majoration possible.
  • Invalidité totale : à partir du 366ème jour d'incapacité totale professionnelle, la rente d'invalidité totale est de 12 330 € par an. Elle est majorée de 6 165 € pour conjoint ou tierce personne, enfants ou descendants à charge ou infirmes (le terme n'est pas de moi).
  • Décès : la CARPIMKO verse une rente et un capital. La rente annuelle de survie est de 8220 € pour le conjoint. La rente annelle d'éducation des enfants est fixée à 6 165 €. Le capital décès est de 8 220 € pour le conjoint, mais de 12 330 € s'il lui reste des enfants à charge. Ce capital n'est que de 4 110 € pour une personne autre que le conjoint.

On constate donc que les protections invalidité et décès de la CARPIMKO représentent des montants qui ne permettent pas du tout de maintenir le train de vie antérieur : un orthophoniste célibataire peut passer de 50 000 € annuels à 12 330 € (1 027,50 € seulement par mois), donc à un revenu proche du SMIC !

Pour remédier cette situation très risquée, il existe plusieurs solutions : souscrire un contrat d'assurance couvrant ces risques (déductible en loi Madelin), se créer une trésorerie suffisante pour amortir ce choc, ou investir dans l'immobilier (en direct, en SCI ou en SCPI). En cas d'invalidité totale ou de décès, les emprunts bancaires sont soldés par l'assurance du prêt et les loyers constituent un revenu.

Concernant l'évolution 2008 -> 2009, tous ces montants ont augmenté de 3 %. La CARPIMKO choie les malades et la famille des confrères décédés : ce qu'elle leur donne suit l'inflation. Mais elle se rattrape sur les cotisants dont les revenus ont été augmentés de 0%. L'effort n'est pas du tout partagé entre les cotisants et les bénéficiaires ! Nous verrons demain si les retraités de la CARPIMKO bénéficient des mêmes largesses.

mercredi 28 janvier 2009

CARPIMKO : cotisations des débutants



Contrairement à ce que j'écrivais hier soir, je parlerai des prestations 2009 de la CARPIMKO demain. Suite à une question de Sophie (merci à elle), je trouve plus logique de parler des cotisations 2009 que vont payer les débutants. Hier, j'ai seulement parlé de ce qui attend ceux qui ont atteint leur troisième année d'activité.

Voici ce qui vous attend si vous effectuez en 2009 votre première ou deuxième année :

1) Régime de base de la CARPIMKO :

Comme pour l'URSSAF, la cotisation provisionnelle est basée sur un revenu fictif, puisque la CARPIMKO ne connaît pas encore votre bénéfice réel.

La première année, il est estimé à 6 801 € et on vous en prend 8,6%, donc 585 €.
La deuxième année, il est estimé à 10 101 € et on vous prend donc 869 €.
En 2011, la CARPIMKO effectuera un rattrapage en fonction des vrais revenus de 2009. Si vous dépassez 29 162 € dès cette première année, vous aurez l'honneur de payer, lors de ce rattrapage, la cotisation à 8,6% et celle à 1,6%.

Si vous pensez que vous serez en-dessous de l'estimation forfaitaire (6801 puis 10101 €), vous pouvez l'écrire à la CARPIMKO. Vous avez 60 jours pour le faire après avoir reçu son appel de cotisation. La caisse ne vous prendra que 150 € pour le régime de base. Mais si vous dépassez finalement l'estimation forfaitaire, contrairement à vos prévisions, ils vous appliqueront une pénalité de 10%. Et je doute qu'ils daignent vous remercier pour cet effort supplémentaire.

2) Régime complémentaire :

Vous ne payez que la cotisation forfaitaire de 1024 €. Vous échappez à la cotisation proportionnelle aux revenus.

3) Régime des Praticiens Conventionnés :

Vous paierez cette année la même cotisation que tous vos collègues : 167 €

4) Régime invalidité décès :

Forfaitaire également : 654 € comme tout le monde.


Résumons

Première année : Total CARPIMKO = 585 + 1024 + 654 + 167 = 2430 €
Deuxième année : Total CARPIMKO = 869 + 1024 + 654 + 167 = 2714 €
Le tout avec un rattrapage en 2011 concernant le régime de base.

Ces montants feront peut-être bondir les plus jeunes d'entre vous, d'autant qu'ils viennent s'ajouter à ceux de l'URSSAF dont j'ai parlé vendredi dernier. Les cotisations CARPIMKO comportent une importante partie indépendante des revenus, qui frappe donc fort sur les débutants et ceux qui travaillent peu. Mais ce système incite aussi à travailler, pour réduire la part des charges fixes. En ce sens, il est impitoyable mais moral (je sais, c'est paradoxal). C'est l'augmentation des cotisations sans augmentation des lettres-clés, qui est immorale (voir l'article d'hier).

mardi 27 janvier 2009

CARPIMKO 2009 : notre tonneau des Danaïdes



Fin août, j'avais décrit les différents régimes de la CARPIMKO et donné les tarifs de leurs cotisations. Maintenant que nous avons changé d'année, j'ai cherché à savoir si les cotisations avaient augmenté. Dans un monde meilleur, on aurait pu imaginer qu'elles soient gelées, puisque nos lettres-clés n'ont pas bougé d'un iota en 2008.

Voici donc, régime par régime, ce à quoi nous serons soumis cette année par notre caisse de retraite obligatoire, ainsi qu'une comparaison avec 2008 :

Régime de base
: le fonctionnement est semblable à celui de l'URSSAF, avec une cotisation provisionnelle et une régulation quand les revenus réels sont connus.
  1. Cotisation provisionnelle 2009 : une première tranche taxe à 8,6% nos revenus de 2007 compris entre 0 et 29 162 €. Entre 29 162 € et 171 540 €, le taux n'est que de 1,6%. Il est juste dommage que nous ne puissions pas dépasser 171 540 € de bénéfice, dans nos métiers...
  2. Cotisation de régulation : elle compare les sommes versées en 2007 et les ajuste en fonction des revenus réels de cette année-là. Ici, la tranche à 8,6% va de 0 à 27 356 € et la tranche à 1,6% va de 27 356 à 160 920 €.
Donc les taux du régime de base ne changent pas, ce qui est une bonne nouvelle. Mais la limite entre la tranche à 8,6% et celle à 1,6% augmente de 3,1% : elle était à 28 285 € l'an dernier. On déplace les tranches sans que nos revenus aient pris ces 3,1%... Autrement dit : certains revenus étaient taxés à 1,6% l'an dernier et le seront à 8,6% cette année, parce qu'ils sont rattrapés par la première tranche. C'est comme ça tous les ans !

Régime complémentaire : ici, il y a aussi deux cotisations.
  1. Cotisation forfaitaire, donc indépendante du revenu. Celle-ci est douloureuse pour les débutants. Elle vient de passer de 992 à 1024 €, en hausse de 3,2%.
  2. Cotisation proportionnelle aux revenus compris entre 25 246 et 119 113 € : le régime complémentaire taxe ces revenus à 3%. Etrangement, le seuil d'entrée dans cette cotisation ne monte pas : cela permettrait à certains d'y échapper, pour ne payer que les 1024 € de la cotisation forfaitaire. En revanche, le plafond augmente de 2,5%. Avec ce système, à tous les coups l'on perd.
Régime des praticiens conventionnés : il n'y a pour l'instant qu'une cotisation forfaitaire de 167 €, dans ce régime de retraite qui fut excellent jusqu'en 2007. Elle fut de 133 € l'an dernier, donc la hausse est de 26% !?!

C'est le résultat de la réforme catastrophique pour nous, appliquée l'an dernier à ce régime de retraite. Le pire est à venir : l'an prochain, nous aurons la joie d'accueillir une cotisation proportionnelle au revenu, en plus des 167 €.

Régime invalidité décès : ici aussi, il n'y a qu'une cotisation forfaitaire pour l'instant. Elle passe de 646 à 654 €, en hausse de 1,2%. Enfin une hausse raisonnable ! Mais peut-il exister une hausse raisonnable quand nos revenus sont immuables ?

Je regarderai demain si les prestations suivent cette évolution. La CARPIMKO n'hésite pas à nous taxer sans chercher à savoir si nos revenus suivent. Espérons au moins que ce soit au bénéfice de nos aînés et de nos confrères malades...

lundi 26 janvier 2009

Sommes-nous de bons petits soldats ?




Voici un article intéressant d'Agnès Bourguignon, du Quotidien du Médecin, daté de jeudi dernier :

"Les dépenses maladie progresseraient de + 3,1 % en 2008 Les dépenses d’assurance-maladie du régime général ont progressé de + 4 % sur l’ensemble de l’année 2008, tous secteurs confondus, selon les dernières statistiques provisoires de la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM) publiées jeudi. Mais ce taux brut, explique la CNAM, est ramené à + 3,1 % si l’on enlève l’impact ponctuel de la récupération d’avances aux établissements de santé faites à l’été 2007. La caisse fait valoir que le taux d’évolution des remboursements serait même réduit à + 2,9 % en 2008 par rapport à 2007 dans le champ de l’Objectif national de dépenses d’assurance-maladie (ONDAM), dans la mesure où les dépenses des établissements médico-sociaux, qui dépassent l’ONDAM, incombent non pas au régime général d’assurance-maladie mais à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Toutefois, ces chiffres provisoires de la CNAM ne tiennent pas compte des soins réalisés en 2008 qui sont remboursés seulement au début de cette année. En fonction de la tendance enregistrée à fin décembre, les soins de ville augmenteraient de + 2,3 % en 2008 (au lieu de + 4,5 % l’année précédente, en données corrigées des jours ouvrés). C’est la résultante de plusieurs facteurs. Tout d’abord, les honoraires remboursés aux médecins généralistes ont augmenté modérément (+ 1,1 % en 2008, contre + 3,6 % en 2007, année de revalorisation de leur consultation à 22 euros), tandis que les dépenses de spécialistes sont à +2,9 % (+2,4 % en 2007). Il y a une diminution des dépenses d’analyses biologiques (- 0,2 % en 2008 en lien avec les baisses tarifaires) et des remboursements de médicaments, compte tenu de l’"effet franchises" (- 0,6 % contre + 4,5 % en 2007). Au contraire, les dépenses d’indemnités journalières ont connu une accélération l’an passé : +5,4 % en 2008 (au lieu de +4,1 % en 2007). Du côté des dépenses des établissements, celles du secteur médico-social sont les plus dynamiques en 2008 (+ 9,9 %), alors que les versements aux établissements sanitaires ont progressé de + 2,1 % pour l’hôpital public (hors effet récupération d’avances) et de + 4,5 % pour les cliniques privées."
http://www.quotimed.com/web/index.cfm?fuseaction=viewendirect&waidx=131

vendredi 23 janvier 2009

Débutants : combien d'URSSAF ?




Nous payons 5 cotisations à l'URSSAF :

  1. les allocations familiales : 5,4% de notre revenu
  2. la contribution sociale généralisée (CSG) : 7,5 % du revenu. Voir mon article du 16 janvier pour comprendre comment nous en sommes arrivés à 7,5%.
  3. la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) : 0,5% du revenu
  4. la cotisation d'assurance maladie : 0,11% du revenu à notre charge, 9,7% payés pour nous par la sécurité sociale (un des derniers avantages sociaux qui nous restent)
  5. la contribution à la formation professionnelle (CFP), la seule qui soit forfaitaire : 50 € pour tous, cette année (+4,2% par rapport à l'an dernier). Voir mon article de lundi.
A partir de la troisième année, la cotisation de l'année en cours est d'abord calculée à titre provisionnel sur la base du bénéfice de l'avant dernière année. Par exemple, en ce moment, nous payons une cotisation provisionnelle basée sur le bénéfice 2007. Quand l'URSSAF connaîtra notre revenu 2008, elle pratiquera une régularisation, qui sera appliquée sur les montants à payer à la fin de l'année.

Mais pour ceux qui débutent leur activité, l'URSSAF n'a aucun moyen de savoir combien ils gagnent. Elle ne peut pas non plus décider de ne rien prélever avant la fin de la deuxième année : deux ans d'URSSAF d'un coup, cela poserait d'énormes problèmes de trésorerie. La solution est dans une évaluation forfaitaire du revenu. Voici les chiffres de 2009.

Pour la première année d'activité, le revenu forfaitaire qui sert de base aux cotisations est de 6 801 € pour les allocations familiales, la CSG et la CRDS ; 11 436 € pour l'assurance maladie (source : www.urssaf.fr). Donc le praticien paie pour sa première année :

  1. allocations familiales : 6801 x 5,4% = 367 €
  2. CSG : 6801 x 7,5% = 510 €
  3. CRDS : 6801 x 0,5% = 34 €
  4. Assurance maladie : 11436 x 0,11 = 13 €
  5. CFP : 50 € payés d'un coup en février.
Soit un total de 974 €.

Pour la deuxième année d'activité, le revenu forfaitaire qui sert de base aux cotisations est de 10 101 € pour les allocations familiales, la CSG et la CRDS ; 17 154 € pour l'assurance maladie. Donc le praticien paie pour sa seconde année :

  1. allocations familiales : 10101 x 5,4% = 545 €
  2. CSG : 10101 x 7,5% = 758 €
  3. CRDS : 10101 x 0,5% = 51 €
  4. Assurance maladie : 17154 x 0,11 = 19 €
  5. CFP : 50 € payés d'un coup en février.
Soit un total de 1 423 €. Il faut y ajouter un zeste de CSG-CRDS sur les charges sociales (y compris la CARPIMKO) de l'année n°1 : en France, on paie de la CSG sur les charges sociales qu'on a déjà payées !

Donc l'URSSAF estime nos revenus à des montants très bas (6 801 à 17 154 €). C'est très appréciable au départ : cela nous donne une facilité de trésorerie. Mais lorsque l'URSSAF connaît le revenu réel, gare au rattrapage ! Il ne faut surtout pas vivre comme une cigale durant les deux premières années. Beaucoup de jeunes entreprises ou d'artisans ne supportent pas le gros rattrapage d'URSSAF et font faillite. Mais il faut dire qu'ils payent encore plus de charges que nous.

jeudi 22 janvier 2009

Un peu d'ordre et de déco


Depuis ma tentative de classification des articles, hier, j'ai un peu fouillé dans les configurations de Blogger et j'ai finalement trouvé un moyen d'afficher une sorte d'index thématique de mes articles. Si tout va bien, vous le voyez présentement à droite de la gracile Valérie.

Mon ami Christophe a aussi eu la bonne idée de me demander de changer la présentation, qu'il trouvait tristounette (il est trop délicat pour me dire qu'elle était triste à mourir). Je dû dire adieu à ma chère calculatrice financière HP-12c, emblème de ce blog depuis le début, mais que je ne voyais plus où mettre. Fort heureusement, la vraie HP-12c trône toujours fièrement dans ma collection de vieilles calculatrices (oui, certaines collections sont fort ridicules, mais j'assume).

Alors voilà, vous avez devant vous du tri et de la clarté. Maintenant que j'ai modifié la forme, je vais pouvoir revenir demain au vif du sujet.

mercredi 21 janvier 2009

Un peu d'ordre




Vous êtes en train de lire le 102ème message de ce blog, créé l'été dernier.

Ce matin, mon cher associé me faisait remarquer avec justesse qu'on commençait à avoir du mal à s'y retrouver. Certains articles de fond s'enfouissent progressivement dans la masse. Il est fastidieux de fouiller les archives mensuelles depuis août. Et certains titres s'avèrent trop longs pour être clairement repérés dans l'arborescence des archives, à gauche de la page principale.

J'ai donc trié cette centaine d'articles, aujourd'hui, en utilisant les tags (ou "libellés", pour parler en français). Pour avoir la liste des articles portant sur un thème, il suffit de cliquer sur un tag à la fin d'un message. Regardez par exemple le message d'hier.

J'ai regroupé tout ceci en 7 catégories :

1) Impôts (et tout ce qui concerne la comptabilité)
2) Sécurité Sociale (notre protection sociale et la réglementation des professions paramédicales)
3) Immobilier (résidence principale, cabinet, placements locatifs, SCI, SCPI)
4) Epargne autre qu'immobilier (livrets, bourse, assurance-vie)
5) Rapports entre collègues (association, collaboration, remplacement)
6) Retraite (CARPIMKO, placements Madelin, PERP)
7) Divers

Si vous voyez d'autres classements possibles ou si vous préférez diversifier davantage, vos commentaires sont les bienvenus (comme toujours) !

mardi 20 janvier 2009

Taux des prêts : enfin une baisse !




Je vous annonçais la forte baisse du taux du livret A dès mon premier article de l'année. Cette nouvelle a été confirmée la semaine dernière, mais voici son corollaire qui devrait nous remonter le moral.

Le site appart-maison.fr nous apprend que la baisse des taux d’intérêt accordés aux particuliers dans le cadre de leurs projets immobiliers s’est bien confirmée au mois de décembre 2008. Voilà qui pourrait nous aider à acheter un logement, le cabinet, un placement locatif ou des parts de SCPI.

Selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA, le taux moyen accordé aux ménages pour l’achat d’un bien immobilier s’est établi en moyenne à 5,01 % (5,04 % pour l’accession dans le neuf et 4,96 % pour l’accession dans l’ancien) contre 5,15 % au mois de novembre. Il s’agit de la première baisse des taux d’intérêts constatée depuis la fin de l’année 2005. Les banques commencent à répercuter la baisse importante du taux de refinancement fixé par la Banque Centrale Européenne (BCE) qui a diminué à trois reprises le niveau des ses taux directeurs depuis le mois d’octobre 2008.

La crise du marché immobilier associée à une chute du nombre de transactions, elle-même associée à une chute de la demande des crédits immobiliers a rompu le cercle vertueux de la hausse.

Cette crise impacte non seulement les professionnels du secteur mais aussi les banques de détail qui réalisent une part substantielle de leur résultat sur les marges des prêts immobiliers accordés aux emprunteurs.

Afin de relancer la demande de crédit, la baisse des taux devrait donc se poursuivre dans les prochains mois.

La seule incertitude réside dans le niveau global de baisse qui sera répercuté par les banques. Jusqu’à présent la baisse des taux est limitée, les établissements bancaires profitant des écarts du marché pour réaliser des marges substantielles. Est-ce moral, pendant une crise qu'ils ont provoquée eux-mêmes ? Je vous en laisse juges...

La durée moyenne des prêts a également diminué s’établissant en décembre à un peu moins de 216 mois contre 220 en novembre et le coût relatif moyen des opérations réalisées s’établit en décembre à 3,61 années de revenu (niveau du printemps 2005) contre 3,67 en novembre selon cette étude.

Vous pouvez aussi constater cette baisse sur le site meilleurtaux.com

Sources : appart-maison.fr et meilleurtaux.com

lundi 19 janvier 2009

La CFP




Un petit article, ce soir, pour vous parler de la CFP.

La contribution à la formation professionnelle (CFP) a été inventée pour aider l'accès des non salariés à la formation professionnelle. Nous la payons à l'URSSAF, en février. Les artisans la paient à leur chambre des métiers. Si vous avez déclaré votre conjoint comme "conjoint collaborateur", vous paierez plus cher mais votre conjoint pourra demander également un financement pour ses formations.

Le montant de cette taxe est de 0,15% du plafond annuel de la Sécurité Sociale, pour les professions libérales (0,24% pour les artisans, toujours très taxés). Pour la cotisation 2008 payable en 2009, le plafond étant de 33 276 €, la CFP sera de 50 €. Elle était 48 € l'an dernier : elle a donc pris 4,2% alors que l'AMO a pris... 0%. Si vous avez un conjoint collaborateur, vous paierez 80 € à vous deux, cette année. La CFP n'est pas proportionnelle aux revenus, ce qui avantage ceux qui travaillent beaucoup. Vous la paierez en février, que vous soyez mensualisé pour l'URSSAF ou non. Pour ceux qui ne sont pas mensualisés, elle est prélevée le 5 février de chaque année, en même temps que le premier trimestre d'URSSAF. Les fonds sont ensuite remis, en ce qui nous concerne, au Fonds Interprofessionnel de Formation des Professionnels Libéraux (FIF-PL).

Vous serez exonéré si votre bénéfice est resté en-deçà de 4 489 € en 2008.

L'URSSAF fournit ensuite une attestation justifiant du règlement de cette taxe et éventuellement de sa dispense. Elle permet de justifier du droit à la formation professionnelle et de faire une demande de dossier au FIF-PL qui nous aidera à payer nos formations.

vendredi 16 janvier 2009

La CSG



La contribution sociale généralisée (CSG) a été instaurée par Michel Rocard quand il était à Matignon. Elle figurait dans la loi de finances pour 1991. Son but était de trouver de nouvelles sources de financement pour la sécurité sociale et les allocations familiales, en taxant presque toutes les sources de revenus, qu'ils soient issus du travail (et même du chômage) ou du patrimoine. Seuls quelques rares revenus y échappent. Citons par exemple le livret A. A l'époque, cette mesure paraissait équitable : le taux de la toute nouvelle CSG était seulement de 1,1%. On affectait les sommes collectées aux allocations familiales. Et parallèlement, on supprimait la cotisation que les salariés payaient pour les allocations familiales. Donc Michel Rocard a détaxé les salaires pour taxer l'ensemble des revenus (sauf les minima sociaux, les prestations familiales, les allocations logement et les rentes viagères versées aux victimes d'accidents du travail ou de maladies professionnelle ou à leurs ayants droit. Le principe était intelligent.

Mais comme d'habitude avec les taxes, il est très tentant, une fois qu'elles sont inventées, de les augmenter sans contrepartie. Voici un résumé de l'évolution de cet impôt :

  • Dès 1993, le gouvernement d'Edouard Balladur a porté le taux de la CSG de 1,1 à 2,4 %, sans diminution d'autres cotisations. L'engrenage était en état de marche...
  • En 1996, le taux passait à 3,4% et Alain Juppé inventait la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) : 0,5% supplémentaires, non déductibles.
  • En 1997, suivant le principe d'origine, Lionel Jospin abaissait les cotisations salariales maladie de 4,75 points et passait la CSG à 7,5%, dont 5,1% déductibles. Donc 8% dont 5,1% déductibles, en incluant la CRDS. Voilà où nous en sommes encore pour l'instant. Evolution intéressante, non ? Voilà un petit impôt devenu grand.
Concernant les revenus issus de nos honoraires, nous payons la CSG et la CRDS dans nos cotisations URSSAF. Leur montée en puissance a heureusement réduit la cotisation URSSAF d'assurance maladie comme une peau de chagrin. Mais cette cotisation était déductible en entier, elle ! Si la CSG et la CRDS étaient déductibles en entier, elles ne poseraient aucun problème comptable : elles seraient englobées dans les cotisations URSSAF et nous déduirions le tout en bloc. C'est ce que nous faisons pour les 4 régimes de la CARPIMKO, sans regarder le détail des 4 sommes versées.

Concrètement, en comptabilité, il faut effectuer une "opération diverse" (ni recette, ni dépense, ni virement interne) au 31 décembre, comportant 3 lignes :

  • Retirer l'ensemble de la CSG-CRDS du poste comptable URSSAF. La notification annuelle d'URSSAF vous indique combien vous payez de cotisations pour les allocations familiales, l'assurance maladie, la formation professionnelle et la CSG. Imaginons par exemple que vous ayez payé 5000 € d'URSSAF, dont 3200 € de CSG-CRDS.
  • La partie déductible représente 5,1/8 de la somme retirée. Dans mon exemple, 3200x5,1/8= 2040 €. Cette somme est à verser dans le poste "CSG déductible".
  • La partie non déductible représente 2,9/8 de la somme retirée. Dans mon exemple, 3200x2,9/8=1160 €. Cette somme est à passer en prélèvement personnel ; elle est définitivement perdue, comme l'impôt sur le revenu.
Il est aussi possible de passer les deux parties de la CSG-CRDS (3200 € dans mon exemple) dans le poste "CSG déductible" puis d'entrer la partie non déductible (1160 € dans l'exemple) dans "Divers à réintégrer". Les deux méthodes sont équivalentes.

Enfin, si vous avez des revenus patrimoniaux tels que des loyers, vous paierez, en plus, de la CSG-CRDS à part, le 15 octobre de chaque année. Le fisc vous enverra un avis spécifique.

jeudi 15 janvier 2009

L'état de rapprochement bancaire




Tous les ans, les associations de gestion nous demandent de remplir un état de rapprochement bancaire. C'est pour eux un moyen contrôler notre comptabilité : cela leur permet de comparer le solde des comptes bancaires que nous avons calculé au 31 décembre, avec le solde réel du relevé de notre (ou nos) compte(s) bancaire(s) professionnel(s).

Bien des praticiens font leur comptabilité en se contentant de recopier les relevés mensuels des banques. Mais cela pose des problèmes de dates, en fin d'année :

  • Les honoraires payés par les patients et les rétrocessions encaissées en décembre doivent être comptabilisés en décembre, même si elles figurent sur le relevé de janvier parce qu'on les a déposées trop tard à la banque.
  • Même chose pour les dépenses professionnelles et les rétrocessions payées en décembre mais encaissées en janvier par leur bénéficiaire.
En revanche (c'est une question qui a été posée récemment sur le forum Orthomalin), les séances de décembre réglées en janvier doivent figurer sur la comptabilité de janvier.

Les deux éléments ci-dessus entraînent généralement un décalage entre le solde comptable, obtenu dans le préhistorique livre sur papier ou le logiciel de compta, et le solde réel indiqué par la banque au 31 décembre. L'état de rapprochement bancaire permet donc de rapprocher ces deux soldes. On procède de la manière suivante :

  • On y note le solde comptable
  • On ajoute les dépenses non enregistrées par la banque le 31/12.
  • On ôte les recettes non enregistrées par la banque le 31/12.
  • Normalement le résultat soit correspondre au solde inscrit sur le relevé de la banque.

Si ce n'est pas le cas, on s'arrache une poignée de cheveux, on se calme, puis on vérifie les comptes. Il peut s'agir d'erreurs de saisie (mauvais montant, mauvais compte, écriture non enregistrée), de chèques émis mais jamais encaissés ou de frais bancaires passés inaperçus, par exemple. L'idéal, bien entendu, est de pratiquer un rapprochement bancaire soi-même tous les mois, au lieu d'un par an. Cela stresse moins en cas d'erreur.

L'état de rapprochement bancaire permet donc à l'association de gestion de nous forcer à rechercher les erreurs. Enervant, mais indispensable. Et quelle satisfaction intense, quand ça tombe juste ! Il y a parfois des bonheurs simples dans la vie...

mercredi 14 janvier 2009

La tête dans le guidon


Désolé, pas d'article aujourd'hui : j'ai la tête dans le guidon depuis 8 heures du matin. Fin du marathon à 19h45.

mardi 13 janvier 2009

Association : comment répartir les frais ? -4 Equité




J'ai expliqué depuis jeudi comment des associés pouvaient réglementer leurs rapports financiers. Mais quel que soit le statut choisi (SCM ou contrat d'exercice professionnel à frais communs), il faut décider de la contribution de chacun aux frais communs.

Il peut paraître équitable de faire varier les contributions des associés en fonction de leur nombre d'heures de présence ou du montant de leurs recettes annuelles. De cette manière, celui qui travaille peu ne sera pas étouffé par les charges fixes. Cela semble juste, puisqu'il utilise moins d'eau, d'électricité, de téléphone vers les portables (pour les appels vers lignes fixes, il y a les forfaits internet illimités), de papier de photocopieuse... Et celui qui travaille beaucoup peut se permettre de payer davantage. On peut aussi considérer cette répartition comme inéquitable :

  • Ce n'est pas la faute de celui qui travaille beaucoup, si son associé a décidé de travailler peu. Et si l'un décide de réduire son activité, il force l'autre (ou les autres) à payer davantage, à sa place. C'est une source de conflits potentiels.
  • Le cabinet a besoin d'être chauffé, que les associés soient présents ou absents.
  • Même chose pour le loyer, la taxe foncière récupérée par le propriétaire, les abonnements pour l'eau, l'électricité, l'internet et le téléphone : s'il était tout seul, l'associé qui travaille peu devrait tout de même supporter ces charges incompressibles.
Ce mode de répartition s'avère donc paradoxalement inéquitable. Il est aussi difficile à gérer : les niveaux d'activité fluctuent d'une année sur l'autre. Si on décide une clé de répartition au 1er janvier mais qu'ensuite un ou plusieurs associé(s) change(nt) de rythme de travail, doit-on changer la clé en cours d'année ou régulariser au 31 décembre ? Celui qui est lésé va-t-il oser réclamer son dû, au risque de passer pour un grippe-sous ?

A parts égales : chacun paie la même somme, quelle que soit son activité. Tous les inconvénients décrits ci-dessus disparaissent. Autre avantage : cela incite les gens à travailler, pour que les frais communs leur pèsent moins. Les règles sont fixes une fois pour toutes, évitant les rancoeurs qui peuvent doucement miner les associations.

Vous l'aurez compris, ici, nous fonctionnons à parts égales. Chacun de nous cinq paie 20% des frais communs.

lundi 12 janvier 2009

Association : comment répartir les frais ? -3 juste un contrat




Le contrat d’exercice professionnel à frais communs s’apparente à la société civile de moyens en ce qu’il permet la mise en commun des moyens nécessaires à l’exercice de la profession (matériel, personnels…).
La principale distinction entre la SCM et ce contrat porte sur l’absence de personnalité morale dans le second cas. En effet, le contrat ne crée pas une entité juridique apparente distincte de ses membres pour gérer les moyens d’exercice de la profession.
Le principe fondamental du contrat d’exercice professionnel à frais communs repose essentiellement sur l’indépendance de ses membres en termes d’exercice de la profession et de responsabilités.
Comme pour la SCM, l’objectif de ce mode d’exercice est le partage des dépenses et non des recettes. Par conséquent chacun des contractants conserve et développe sa propre patientèle. Il perçoit directement et pour son propre compte les honoraires correspondant à son activité. Il n’y a donc pas de masse commune d’honoraires entre les contractants.
Ce mode d’exercice n’ayant pas de personnalité morale, il n’y a pas de formalités d’immatriculation au registre du commerce et des sociétés à accomplir.
Les dépenses communes avec la clé de répartition devront être fixées par les parties au contrat. Je parlerai demain de cette clé. D’autre part, tout comme dans la SCM, il est recommandé d’ouvrir un compte bancaire distinct à partir duquel se font toutes les opérations inhérentes au fonctionnement de l’association. Chaque membre doit approvisionner ce compte commun en vue des règlements des dépenses de l’association.

Comme vous le voyez, ce type de contrat s'avère plus souple qu'une SCM en bonne et due forme. Vous trouverez un modèle de contrat ici, à adapter.

Alors, faut-il opter pour une SCM ou un simple contrat d'exercice professionnel à frais communs ? Outre le fait que les associés de la société civile de moyens ont une responsabilité indéfinie et conjointe (voir l'article d'hier), l'inconvénient essentiel de la SCM réside dans le fait que lors de sa création, ainsi que tout au long de son existence juridique, elle reste soumise à un certain formalisme que les professionnels de santé ont parfois du mal à respecter. La tenue régulière d'assemblées peut paraître trop contraignante pour ses membres. La Loi impose en outre la tenue d'une comptabilité détaillée des opérations de la société. Une SCM doit souscrire une déclaration 2036, faisant état des dépenses professionnelles, du résultat social.... C'est pourquoi, le site de la MACSF ne la conseille que pour les professionnels de santé disposant de matériels et de personnels importants.

(sources : www.ordre-chirurgiens-dentistes.fr et www.macsf.fr )

vendredi 9 janvier 2009

Association : comment répartir les frais ? -2 La SCM



S'associer, pourquoi pas ? Mais il vaut mieux connaître les contraintes liées à une activité exercée à plusieurs dans le cadre d'une SCM avant toute décision.

La société civile de moyens (SCM) est une structure juridique réservée aux professions libérales dont l’objet est la fourniture de moyens matériels :
- locaux
- personnel
- matériel.

Cette structure a pour but de faciliter l’exercice de la profession de ses membres.

L’objet de la société civile de moyens n’est donc pas l’exercice de la profession (contrairement à la SCP qu'affectionnent les avocats), mais elle a pour but néanmoins de faciliter l’exercice de l’activité de chacune des professions libérales, qui continuent à avoir leur activité propre.

Les membres de cette société civile de moyens peuvent être de disciplines différentes, mais voisines, dans ce cas il conviendra de le prévoir dans son objet défini au sein des statuts.

La société civile de moyens est dotée d’une personnalité juridique distincte de celles de ses membres, ce qui signifie qu’elle dispose de droits et d’obligations, notamment celui de conclure tout contrat en son nom relatif aux moyens humains et matériels nécessaires à l’activité de ses membres : bail, contrat de travail, contrat EDF, contrat d’opérateur téléphonique, police d’assurance (voir l'article d'hier)...

Au niveau de l’engagement financier pour une société civile de moyens, aucun capital minimum n’est imposé. Ici, nous avons mis 120 €.

Les associés d’une société civile de moyens seront au nombre minimum de deux (il n’y a pas de nombre maximum), ce sont des personnes physiques ou morales.

TRES IMPORTANT : Les associés de la société civile de moyens ont une responsabilité indéfinie et conjointe.

Les statuts déterminent les règles de fonctionnement de la société, sachant qu’il n’y a ni partage de bénéfices, ni partage de clientèle, mais il faut prévoir des règles de répartition des dépenses entre les associés. Le cas le plus simple est une répartition en fonction du nombre de parts dans le capital. Exemple : celui qui possède 20% des parts met 20% des dépenses sur le compte bancaire de la SCM. Et c'est la SCM qui émet les chèques, prélèvements ou TIP pour payer les factures.

Il est aussi recommandé d’inclure des modalités de cession ou de transmission de parts sociales, de poursuite de société civile de moyens ou non en cas de maladie, de décès ou d’invalidité…

Au niveau fiscal, il n’y a pas d’imposition sur la société dans le cadre d’une société civile de moyens. Les associés de la société civile de moyens sont imposés personnellement, pour la part de bénéfices correspondants à leur activité. Dans la déclaration 2035, ils peuvent déduire du bénéfice réalisé dans le cadre de leur activité professionnelle les sommes qu’ils ont versées à la société, au titre des dépenses engagées pour l’exercice de leur profession.

La protection sociale : les professions libérales d’une société civile de moyens sont soumises au régime obligatoire de protection sociale des travailleurs indépendants (URSSAF + CARPIMKO pour nous).

La transmission se fait par cession des parts sociales et les droits d’enregistrements (environ 4,80%) sont à la charge de l’acquéreur.

CONCLUSION :

Les principaux avantages de la société civile de moyens sont la liberté de fonctionnement grâce à la préservation de l’indépendance professionnelle des membres de la société, l’absence de coût minimum de création de la société et la diminution des charges d’exploitation de l’activité.

Néanmoins il existe un inconvénient majeur qui réside dans la responsabilité indéfinie des associés de la société civile de moyens.L’obligation d’obtenir des décisions collectives peut être également un frein pour le choix de cette structure juridique.

(source : www.credit-ssima.fr )

jeudi 8 janvier 2009

Association : comment répartir les frais ? -1




Quand plusieurs associés exercent dans un cabinet libéral, il peut exister plusieurs cas de figure qui permettront de régler la répartition des frais de fonctionnement. Voici une liste de frais habituellement mis en commun dans un cabinet d'orthophonie :

1) loyer
2) charges locatives
3) taxe pour les ordures ménagères
4) taxe foncière si le bail prévoit que le locataire la paie
5) électricité, chauffage, eau
6) téléphone, internet
7) assurance du local
8) frais financiers sur un éventuel compte commun
9) salaire d'une femme de ménage
10) charges sociales sur ce salaire
11) entretien et réparations
12) petit outillage (matériel de moins de 598 €)
13) amortissement du matériel de plus de 598 € et des agencements
14) frais éventuels de comptable, une SCM
15) frais de représentation (ex : café offert aux parents de patients)
16) fournitures de bureau (ex : papier et encre d'un photocopieur)

A titre d'exemple, l'ensemble de ces frais a représenté 21 085 euros pour notre cabinet en 2007. Nous étions trois associés à l'époque (cinq à présent).

Pour répartir ces frais entre les associés, deux problèmes se posent :

1) Doit-on monter une société civile de moyens ?
2) Chacun paie-t-il en fonction de son temps de travail, ou attribue-t-on les mêmes montants à tout le monde ?

Les prochains articles répondront à ces deux questions.

mercredi 7 janvier 2009

Questions d'une collaboratrice débutante




Voici une séquence de questions / réponses qu'il me semble utile de publier ici, pour les plus jeunes d'entre nous. Les questions sont celles qu'une jeune consoeur m'a adressées. Elle a commencé à travailler en 2008, en tant que collaboratrice. Elle m'a gentiment autorisé à reproduire notre dialogue.

Question/ Est-ce que mes charges persos seront calculées à partir de mes honoraires bruts ou à partir de mes honoraires bruts - rétrocession (ce que j'espère évidemment!!) ?
Réponse/ Je pense que tu veux parler de l'URSSAF et de la CARPIMKO. L'URSSAF est basé sur ton bénéfice, donc sur :
honoraires encaissés MOINS (rétrocession + assurances + frais de voiture + petit outillage à toi + fournitures de bureau à toi + frais financiers + CSG déductible + charges sociales + cotisation à une AGA + frais de représentation et congrès + amortissements des immobilisations).

La CARPIMKO a 3 régimes de retraites obligatoires (régime de base, régime complémentaire et régime des praticiens conventionnés) et un régime invalidité-décès. Les 3 régimes de retraite ont une partie proportionnelle au bénéfice, comme l'URSSAF (voir ci-dessus). Le régime complémentaire, le régime des praticiens conventionnés et le régime invalidité-décès ont aussi une cotisation fixe, indépendante de tes revenus. Donc si tu travailles beaucoup, la CARPIMKO te paraîtra moins lourde.

Q/ concernant la TP, vont-ils faire un abattement forfaitaire ou me taxer à partir de mes honoraires bruts?
R/ J'ai lu qu'on ne payait pas de TP la première année, en cas de création d'une activité libérale. L'année suivante, ils se basent sur la recette de l'année d'avant (et la valeur locative du local pro). Fais-toi confirmer ça par le fisc : je n'en suis pas complètement sûr. Je ne suis pas encore prêt pour me lancer dans le consulting ;-)

Q/ idem concernant les impôts perso, je suis mariée, 2 enfants, je fais une déclaration commune. Que vais-je devoir déclarer pour 2008 car mes charges sont peu élevées pour cette première année n'ayant pas encore eu les rattrapages URSAFF, CARPIMKO,... Aussi mon net ne correspondra pas au net "réel" comme tous les débutants;
R/ Si, ce sera ton net réel : au départ on a un gros bénéfice net réel, en proportion. Tu devras déclarer le bénéfice dont je parlais au début.

Q/ concernant les associations de gestion, des conseils pour choisir la sienne? Mes titulaires sont à l'ANGAK qu'elles disent mieux que l'AGAO;
R/ Il y a l'AGPLA de Rennes (145 euros), mais l'ARAPL du Nord Pas de Calais qui offre exactement les mêmes services pour 86 euros seulement. http://www.araplnpc.org/

Q/ tous les mois je mets la moitié de ce que je gagne (une fois déduite la rétro) sur un livret A perso en vue de payer mes futures charges. Penses-tu que ce soit assez ? J'avoue j'ai copier-coller tout ton blog sur un doc word pour pouvoir le lire à tête reposée même sans connexion, mais voilà... pas encore trouvé le temps!
R/ Largement assez. Regarde mes articles sur l'URSSAF et la CARPIMKO (en août-septembre 2008), tu pourras calculer tes futures charges.


Q/ Comment puis-je le rentrer en ligne comptable (pour l'instant je le marque en salaire mais ce n'en sera finalement pas un puisque je le ressortirai dans quelques temps pour payer mes taxes) ?
R/ Il vaut mieux tout déposer sur le compte pro (donc déclarés en compta comme "honoraires"), puis faire des virements vers le livret A (déclarés comme "prélèvement personnel"), puisque le livret A est un compte perso. Le jour où tu t'en serviras pour payer tes charges, tu feras l'inverse : un virement du livret vers le compte pro ("apport personnel"), qui te permettra de payer les charges avec le compte pro. Autre solution qui évite d'utiliser un livret perso : mettre cet argent sur un compte à terme déclaré en pro (demande à tes banquiers). Mais les comptes à terme sont soumis aux impôts et à la CSG.

Q/ Ai-je le droit de déposer cet argent sur un compte perso?
R/ Oui mais au niveau comptable, ça complique tout, si tu déposes directement sur un compte perso. Ca oblige à entrer ce compte dans la compta. Et en cas de contrôle fiscal pro, tu peux être sûre qu'ils déclencheront en plus un contrôle perso, puisque tout sera mélangé.

Q/ Et enfin dois-je mettre sur des comptes différents l'argent que je mets de côté à titre perso d'une part et celui que je mets de côté pour payer les charges d'autre part?
R/ Non, ce n'est pas une obligation. Juste une clarification.

Q/ sur la TP je déclare mon CA brut ou CA - rétrocession?
R/ CA - rétro.

mardi 6 janvier 2009

Liquidités : que faire en 2009 ?




J'ai expliqué hier que les taux des livrets, des comptes à terme et des SICAV monétaires allaient fortement chuter dans les semaines à venir. Le gouvernement a d'ailleurs décidé de laisser filer la baisse sans intervenir, d'après ce qu'il a annoncé vendredi. Pourtant, il n'avait pas hésité à intervenir quand ça montait trop, l'an dernier... Mais voyons le bon côté des choses : comme le dit Eric Woerth, ministre du Budget, la chute du taux du livret A signifie qu'il y a moins d'inflation. Dans un sens, c'est effectivement une bonne nouvelle pour nous, avec nos tarifs immuables.

Dans ces conditions, où devrons-nous placer nos liquidités, en attendant que l'URSSAF et l'insatiable CARPIMKO les engloutissent ? Examinons quelques cas de figure.

  1. Pour des allers-retours rapides et faciles, les livrets réglementés (livret A, LDD, voire LEP si vous y avez droit) resteront les mieux adaptés, malgré la grande baisse des taux du mois prochain. Leurs seules contraintes restent la comptabilisation des interêts par périodes de 15 jours (voir mon article du 15/09/08) et les plafonds à ne pas dépasser : 15300 € pour le livret A, 6000 € pour le LDD et 7700 € pour le LEP.
  2. Si vous dépassez les plafonds des livrets réglementés, pensez aux superlivrets (voir mon article du 18/09/08). Vous pouvez passer d'une promotion à l'autre. Actuellement, on peut citer par exemple le livret Epargne Orange ING à 5,50% bruts jusqu'au 30 juin et le livret Grand Prix des Caisses d'Epargne à 6,50% bruts jusqu'au 30 avril. En dehors des promotions, le livret Matmut sert pour l'instant un bon taux de 4,10% bruts, soit 2,87% nets après application du prélèvement libératoire forfaitaire, voire 3,6% nets si vous êtes non imposable.
  3. En cas de regain de la crise, la revue Mieux Vivre Votre Argent de janvier conseille de s'intéresser de près aux comptes à terme et aux SICAV monétaires (voir l'article du 17/09/08). Une nouvelle dégradation pourrait amener les banques à se méfier encore plus de leurs consoeurs, ce qui ferait remonter le taux Euribor 3 mois qui sert de base de calcul pour ces placements.
  4. Si vous cherchez le meilleur rendement sans risque pour 2009, jetez un coup d'oeil aux fonds en euros des assurances-vie. La revue Le Particulier n°1032 annonce que les meilleurs rendements sans risques se trouveront là, en 2009 : autour de 4,5% bruts. Elle rappelle aussi qu'il faut éviter les assurances-vie des banques. Les contrats des compagnies d'assurance (ex : AXA, AGF, Groupama) sont meilleurs, mais la palme revient aux contrats sans frais d'entrée sur l'internet, comme ceux de Boursorama, Altaprofits, Linxea ou Mes Placements-Vie. Pour les liquidités, ces derniers s'avèrent aussi les meilleurs : si vous perdez 4% d'entrée de jeu en payant des frais sur vos versements, il faut un an (frais de gestion inclus) pour revenir à la somme d'origine. Les contrats 0% sur l'internet ont aussi des frais de gestion bas (ex : 0,6% sur Mes Placements-Vie). Si le contrat a 8 ans ou si vous êtes peu imposable, c'est vraiment là où les liquidités se trouveront le mieux en 2009. Dans les autres cas, voici un rappel de la fiscalité de l'assurance-vie multi-supports : en cas de retrait, tous les gains sont soumis à 12,1% de prélèvements sociaux et à l'impôt sur le revenu au barème progressif habituel. Mais concernant l'impôt, vous pouvez choisir le prélèvement forfaitaire de 35% si le contrat a moins de 4 ans, 15% entre 4 et 8 ans et 7,5% après 8 ans, après abattement de 4600 € par an (9600 € pour un couple). Donc si vous êtes peu ou pas imposables, il vaut mieux éviter le prélèvement forfaitaire : dès la signature du contrat, vous aurez à votre disposition un placement sympathique pour vos liquidités.

lundi 5 janvier 2009

Liquidités : le paradis perdu




Je commencerai ce premier message de 2009 en vous souhaitant à tous amour, gloire, beauté et un AMO à trois euros.

La première chose dont je parlerai cette année sera l'évolution des placements de liquidités. Ce sont ceux où nous pouvons placer des sommes devant être dépensées quelques semaines ou quelques mois plus tard. Il est par exemple possible, comme je l'ai fait, de ne plus être mensualisé pour les impôts, l'URSSAF, la CARPIMKO et les diverses assurances. Les mois où il n'y a pas de prélèvement, nous pouvons placer l'argent. Bien évidemment, le risque est de dépenser ces sommes au lieu de les placer. Mais vos talents de bons gestionnaires vous en empêcheront, j'en suis certain ;-)

Les placements de liquidités sont de plusieurs types, que j'avais décrits dans une série d'articles à partir du 15 septembre dernier. Les principaux sont les livrets réglementés (livret A, LEP, LDD), les superlivrets, les comptes à terme et les SICAV monétaires.

2008 aura été une année exceptionnelle pour ces placements. Les paradis fiscaux que sont le livret A et le livret de développement durable ont atteint 4% nets d'impôts et de prélèvements sociaux. Le livret d'épargne populaire a même culminé à 4,5%, toujours nets. Ces taux restent d'actualité jusqu'au 31 janvier. Ils étaient dus à :
  • un regain d'inflation : puisque ces livrets ont pour but de préserver le pouvoir d'achat des Français, ils doivent être supérieurs à l'inflation. Le pétrole et les matières premières avaient fortement pesé
  • une hausse des taux Euribor 3 mois et Eonia.
Mais ces deux facteurs sont fortement repartis à la baisse depuis l'automne. Si le taux du livret A était calculé aujourd'hui, il tomberait à 2,25 % (voir ici). Dans les 4 semaines qui viennent, l'évolution de ses deux bases de calcul pourraient même le ramener à 2%, selon le Figaro de samedi dernier. Les autres livrets réglementés suivront automatiquement cette chute drastique. Les superlivrets, les comptes à terme et les SICAV monétaires continueront aussi leur érosion, liée à celle des taux directeurs.

Autrement dit, nos liquidités seront nettement moins rémunérées cette année que l'an dernier. Comment réagir ? Ce sera le sujet de demain : ma patiente de 19h m'attend.