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vendredi 20 mars 2009

Loi HPST : soviétisation de la Santé ?




Le centre national des professions libérales de santé (CNPS), organisme qui regroupe les syndicats de médecins, dentistes et paramédicaux, a développé un argumentaire détaillé contre la loi «Hôpital, Patients, Santé, Territoires» de Roselyne Bachelot. Il y apparaît que l'ensemble des professions de santé sont concernées, donc les paramédicaux également. C'est pourquoi j'ai commencé à vous en parler mardi et mercredi.

Je vous recommande de lire l'argumentaire sur le site du CNPS en cliquant ici. Vous en saurez plus sur notre avenir. Autant savoir ce qui nous attend.

Quelques commentaires :

  1. Le CNPS parle de 2 milliards d'euros économisés grâce à la réforme de 2004. Malheureusement, il ne cite pas ses sources. J'aurais bien aimé savoir si ce chiffre est réel ou s'il n'est qu'une affirmation, comme le nombre de manifestants dans les rues hier.
  2. Les agences régionales de santé nous mettront sous la coupe de l'Etat et des caisses. Les médecins n'ont pas l'habitude, donc ça les énerve. Pour nous, c'est un demi-mal : nous sommes contrôlés depuis toujours (demande d'entente préalable, comptes-rendus de bilan orthophonique à envoyer à la CPAM avant 2002 et encore maintenant en cas de CBP).
  3. Le projet a été élaboré sans concertation. Ce n'est pas nouveau : cette technique date de mai 2007. L'absence de concertation est la seule manière de parvenir à réformer le pays sans s'engluer dans les revendications émises par les féodalités qui le bloquent. Il fallait bien que cela nous touche un jour. On ne voit pas plus de concertation sur la réforme, désastreuse pour nous, de l'avantage social vieillesse (voir l'article du 17/02/09). Ni sur la réforme des études.
  4. Nos syndicats sont furieux parce que les nouvelles agences régionales de santé (ARS), contrôlées par l'Etat, vont pouvoir signer des contrats individuels avec chacun d'entre nous. Ils se sentent donc complètement contournés. Jusqu'alors, nous étions sous l'égide de la sécurité sociale, donc pas directement de l'Etat. Le texte qui régissait nos rapports avec la sécu était une convention, négociée entre elle et nos syndicats. A quoi servira une convention nationale si un contrat individuel est possible ? A quoi serviront alors les 200 € de cotisation à la FNO ? On comprend leur frayeur. Quant à moi, comme vous le savez, je suis effrayé par notre évolution depuis des années... Est-il nécessaire de défendre des syndicats qui laissent décrocher l'AMO de 30% en 25 ans par rapport à l'inflation, sans pouvoir peser sur les événements malgré toute leur bonne volonté ?
  5. D'après le CNPS, la loi chercherait à tuer la liberté d'installation, qu'il faudrait préserver à tout prix. C'est contradictoire avec ce que la FNO dit dans son communiqué sur la grève du 19 mars : "La Fédération Nationale des Orthophonistes exige l’accès à des soins de qualité et de proximité pour tous." Comment atteindre cet objectif en laissant les jeunes continuer à s'agglutiner en ville, à Paris, dans le sud, sans analyse des besoins criants de certaines parties de la population française ? Il est normal qu'un gouvernement place l'intérêt général avant notre intérêt particulier.
  6. Sur la suppression de la présomption d'innocence, le CNPS avance des arguments logiques. Malgré tout, parler de "faux problèmes" est largement abusif.
  7. Dire que les Français sont réfractaires à la réforme Bachelot est une vérité de Lapalisse. Ce n'est pas un argument : ils sont réfractaires à toute réforme qui les concerne.
  8. Refuser l'étatisation est illusoire : elle est rampante depuis les ordonnances Juppé d'il y a 15 ans. Les déficits étaient si abyssaux (même si l'Etat doit lui-même de l'argent à la sécu) qu'il a bien fallu que l'Etat et l'Assemblée prennent les choses en main depuis lors.
En conclusion, ce qui se passe actuellement n'est que la suite logique de la pente descendante sur laquelle nous nous trouvons depuis 25 ans. On peut faire confiance aux autorités pour imaginer encore pire, d'ici quelques années. N'attendons plus aucune amélioration de notre métier, puisque même le statu-quo est une chimère. Intéressons-nous à nos patients, mais cherchons à prospérer par ailleurs.

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