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mardi 21 décembre 2010

La CARPIMKO fait ses comptes






Vous avez tous reçu le bulletin de la CARPIMKO, ce mois-ci. Si vous ne l'avez pas remisé illico presto (je le faisais quand j'étais jeune et imprudent), vous aurez constaté que le président de la caisse n'est plus le même. Il s'agit à présent de M. Pascal Leblanc, infirmier, ancien secrétaire général. Le moins que l'on puisse dire, c'est que son éditorial détonne par rapport à ce que nous pouvions lire auparavant. Il adopte un ton revendicatif, très syndical, se plaçant d'emblée de notre côté face aux autorités de tutelle. Malheureusement, il décrit une situation désespérante : la CARPIMKO apparaît sans pouvoir, déboutée de toutes ses demandes et soumise à des exigences ubuesques. Deux exemples édifiants :
  • Notre régime retraite de base est en équilibre financier, mais près des DEUX TIERS de nos cotisations partent dans les gouffres financiers d'autres caisses de retraites !
  • Nous aurions dû faire l'objet d'une nouvelle ponction en cette fin d'année, concernant le régime de retraite des praticiens conventionnés. La CARPIMKO n'est techniquement pas en mesure de la calculer. L'Etat le sait mais ne répond pas à aux questions de la caisse. Ce n'est que partie remise, rassurons-nous : on nous ponctionnera..
Dans le détail des comptes de la caisse, on retiendra quelques chiffres intéressants :
  • En 2009, la CARPIMKO a versé 320 millions d'euros de pensions de retraite, mais elle a encaissé 611 millions d'euros de cotisations. Presque le double ! Nous ne cotisons donc pas exclusivement pour nos anciens, contrairement à ce que la sacro-sainte retraite par répartition pourrait nous laisser croire.
  • Avec une telle différence entre cotisations et pensions versées, on pourrait espérer que la caisse puisse constituer un trésor de guerre pour les années à venir, où les départs en retraite seront importants. C'est le cas pour le régime complémentaire, qui a 11 ans de réserves d'avance. Mais le régime des praticiens conventionnés (ou ASV) n'a que 5 mois d'avance. Rappelons que ce régime a subi un tremblement de terre il y a deux ans, avec un rendement progressivement divisé par six. J'en avais abondamment parlé ici.
  • Nous sommes 151 786 cotisants pour 35 805 retraités. Je n'ose imaginer le montant de nos cotisations, si un jour ces deux chiffres se rejoignent.
  • Le fonctionnement de la caisse nous a coûté 13,4 millions d'euros.
  • Son patrimoine (1,9 milliard d'euros) est investi à 51 % dans des obligations, 34 % dans des actions et convertibles et 2 % en immobilier. Le reste est constitué de liquidités.
  • Last but not least, la réforme des retraites de 2010 nous concerne. Nous passerons donc à un âge légal de départ repoussé à 62 ans. La retraite à taux plein, quelle que soit la durée d'assurance, passe à 67 ans. M. Leblanc et tout le conseil d'administration de la CARPIMKO se sont joints aux protestations émises par l'opposition de gauche.

Au total, plus les choses évoluent, plus on est en droit de se demander à quoi rime le A de CARPIMKO. M. Leblanc lui-même déplore son manque d'autonomie. Les événements suivent leur cours, notre lent délitement aussi...

vendredi 19 novembre 2010

Le retour de la vengeance de la taxe pro



Vous avez probablement reçu avec bonheur votre avis de CET, la taxe qui remplace la défunte taxe professionnelle. J'avais expliqué le 26 février que la baisse de 2010 n'était que momentanée, parce que le gouvernement s'était vu imposer la suppression de la partie assise sur nos recettes.

Le député Gilles Carrez a de la suite dans les idées : il a ramené dans le budget 2011 une mesure qui fait rentrer de l'argent dans les caisses des collectivités locales, par des chemins détournés. Concrètement, son amendement, qui arrive maintenant au Sénat, permet aux communes d'instaurer une CET minimale à 6000 € maxi, au lieu de 2000 €. Les médecins apprécieront... d'ailleurs la CSMF a déjà commencé à parler de "pure provocation". MG-France estime que le montant de la CET pourrait ainsi dépasser feue la taxe pro.

Quant aux paramédicaux, ils seront peu touchés, si la mesure passe aussi au Sénat : l'amendement ne touche que les professionnels BNC dont la recette dépasse 100 000 €.

mercredi 17 novembre 2010

Loger des parts de SCPI dans une SCI




Les plus anciens d'entre vous savent l'intérêt que je porte aux SCPI, pour se lancer dans l'immobilier à son propre rythme et en mutualisant le risque locatif.

J'ai lu ce matin un article très intéressant, comme c'est souvent le cas sur pierrepapier.fr :


Vous y découvrirez tout l'intérêt de placer des parts de SCPI dans une SCI. Subtil et utile.

lundi 8 novembre 2010

Intéressement chez les médecins-conseils


Vous trouverez sur ce lien un texte qui explique que les médecins-conseils vont être intéressés financièrement à la maîtrise des dépenses de santé. Leur syndicat, le SGPC (affilié à la CFE-CGC), a signé un accord en ce sens avec la CNAM. Le Quotidien du Médecin d'aujourd'hui parle de 2 à 2,5 % de rémunération supplémentaire. C'est peu, mais le principe choque fortement l'Ordre des Médecins, qui craint pour l'indépendance des médecins-conseils :


Si les médecins-conseils obtiennent 700 millions d'euros d'économie, leur prime commencera à être versée. L'objectif est fixé à 900 millions dans l'accord.

Pour l'instant, les indemnités journalières et les prescriptions de médicaments sont visées. Mais maintenant que le principe de l'intéressement est acquis, on peut facilement imaginer que la limitation des prescriptions de soins paramédicaux soient ajoutés à l'accord dans un futur plus ou moins proche. Quand on met un engrenage en place, ce n'est pas pour y installer une seule roue dentée...

mardi 2 novembre 2010

PLFSS 2011 adopté à l'Assemblée nationale




Les députés ont adopté en première lecture le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour l'année prochaine. Parmi les mesures-phares, j'en retiendrai deux, que nous signale le Quotidien du Médecin d'aujourd'hui :
  1. L'objectif national des dépenses d'assurance maladie (ONDAM) des soins de ville est augmenté de 2,8 %. Il en est de même pour les hôpitaux. Le secteur médico-social, lui se voit accorder +3,8 %. Au total, l'objectif des dépenses de l'assurance maladie augmente de 2,9 %. Je vous rappelle que l'ONDAM est capital, puisque si nous sortons des rails, il existe un arsenal législatif qui bloque nos éventuelles revalorisations d'honoraires. Pour le faire respecter, les députés ont cherché à renforcer la maîtrise des prescriptions.
  2. La durée de vie de la caisse d'amortissement de la dette sociale (CADES) a été augmentée de 4 ans, de 2021 à 2025. Pourtant, en 2005, on nous avait promis "croix de bois croix de fer" qu'elle fermerait en 2021. Ce rallongement est peut-être inévitable pour ne pas augmenter immédiatement la CRDS, mais c'est un mauvais signal sur l'évolution de notre pays à long terme. C'est aussi détestable pour l'image que nous donnons à l'étranger. Enfin, cela montre qu'une loi, même organique comme celle de 2005, n'engage jamais le Pouvoir sur la durée.

lundi 4 octobre 2010

LES CLES DE LA REUSSITE

C'est le coeur étreint par l'émotion que je vous annonce la sortie du livre que je viens de publier avec ma consoeur Véronique Le Lan :


Pascale Célèrier, l'auteur des célèbres Supports Verbaux en Orthophonie, a écrit notre préface, ce dont je ne suis pas peu fier.

Le but de cet ouvrage est de synthétiser et de réactualiser tout ce que j'ai écrit ici depuis deux ans, mais aussi d'y ajouter des sujets que je n'avais pas encore traités, comme l'attitude que nous devons adopter face à la maltraitance. Il est donc question du nerf de la guerre, mais aussi de tous les autres aspects concrets de la gestion d'un cabinet. Voici le sommaire (cliquez ici pour l'agrandir) :


Cet ouvrage est d'ores et déjà disponible aux éditions Cit'inspir :

jeudi 30 septembre 2010

Médecins : la hausse du C est provisionnée




Bon nombre de médecins généralistes (dont le mien) n'avaient pas attendu 2011 pour passer leur consultation à 23 € de manière sauvage et éhontée. Cela ne semble pas émouvoir notre ministre, qui vient de présenter son projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2011.

Parmi toute une série de nouveaux tours de ceinture visant à réduire nos déficits abyssaux, Madame Bachelot a annoncé que le passage du C à 23 € était provisionné. Je la cite :

"Avoir respecté l’ONDAM 2010 nous donne des marges de manœuvre. Le règlement arbitral a prévu la hausse de 1 € de la consultation des médecins généralistes au 1er janvier 2011. Cet engagement sera tenu".

La CSMF, grand syndicat de médecins, dénonce pourtant ce PLFSS 2011 comme un "signal négatif pour les médecins libéraux" !

Pour ma part, je promets solennellement à Madame Bachelot de considérer toute revalorisation de l'AMO comme un événement positif. Les paramédicaux n'ont pas les moyens de cracher dans leur petite soupe.

jeudi 23 septembre 2010

SCPI : les acheteurs sont là




Vous trouverez sur ce lien un article de Daniel While qui explique que les SCPI ont retrouvé la faveur des épargnants. Je rappelle que les SCPI sont des associations de milliers de propriétaires qui possèdent des dizaines de biens immobiliers, gérés par des professionnels. Cela apporte une mutualisation du risque locatif, sans souci de gestion quotidienne.

Les SCPI ont collecté 600 millions d'euros au premier semestre de cette année, ce qui les ramène aux niveaux d'avant la crise. Pourtant, leur taux de rentabilité interne a fortement baissé, avec une stagnation du prix des parts. Avant la crise, on a vu des TRI supérieurs à 15 % par an ! Actuellement, la rentabilité dépend essentiellement des dividendes versés, qui stagnent eux aussi, mais qui ne baissent pas.

L'immobilier en SCPI est donc vu par les épargnants comme une alternative plus rentable que le livret A ou l'assurance-vie, mais bien moins risquée que la bourse qui avance en plein brouillard.

Vous trouverez aussi des arguments intéressants dans l'éditorial de Gérard Horny, paru aujourd'hui sur le site Pierrepapier.fr

lundi 13 septembre 2010

Faut-il fuir les actions ?




Si vous suivez un tant soit peu l'actualité économique, vous avez dû constater que la défiance envers les actions est à nouveau à la mode. Bien entendu, je ne parle pas de la population française dans son ensemble, qui reste malheureusement très hostile à ce type de placement, quel que soit le contexte. Actuellement, ce sont les grands investisseurs eux-mêmes qui doutent de la réalité de la reprise et se remettent à faire tanguer fortement les cours sans qu'une tendance claire parvienne à se dégager. La moindre statistique américaine provoque des écarts qui confinent parfois à l'hystérie collective.

Dans cet océan d'opinions dubitatives voire franchement négatives, on voit parfois poindre une opinion rafraîchissante. Ce fut le cas ce matin, quand j'ai reçu la newsletter de Finance Sélection, la société qui se trouve derrière le site www.mes-contratsmadelin.fr

Je vous la livre :


Lettre aux investisseurs du 7 septembre 2010

Le pire n’est pas si sûr

La cause paraît entendue : l’arrêt d’un rebond économique qui n’a jamais convaincu et le retour de la récession seraient imminents si l’on en croit le comportement des marchés financiers depuis trois mois : en plébiscitant les titres d’Etat réputés les plus sûrs au mépris du rendement offert, en délaissant des marchés d’actions déjà peu valorisés, les opérateurs dévoilent sans conteste leur conviction d’une évolution vers la déflation, qui tire les prix vers le bas et fragilise les acteurs économiques. La vision du « scénario en W », soit l’avortement du processus de reprise à l’œuvre depuis dix-huit mois suivi d’une rechute avant un hypothétique redressement, serait généralement partagée.

La cause directe de cette profonde méfiance se situe dans l’affadissement de la reprise américaine depuis quelques mois : après plusieurs trimestres à des rythmes assez vifs, la croissance a sensiblement ralenti au printemps et les indicateurs avancés les plus récents témoignent de fait d’une expansion très faible –mais en aucune façon d’une baisse de l’activité toutefois. Au-delà même de ces chiffres, les observateurs s’inquiètent surtout du maintien prolongé en récession du secteur immobilier et de l’incapacité apparente de l’économie à créer à nouveau des emplois. Ajoutons la langueur de la création monétaire malgré la politique fortement expansionniste de la Réserve fédérale, le diagnostic sur l’économie américaine est limpide : engagé dans un processus de désendettement des agents privés, que le gouvernement à court de munitions ne peut plus contrecarrer, après des années d’excès de crédit, le système paraît voué à une longue tempérance.

A côté de cela, les soubresauts de la dette souveraine, en Europe notamment, ont réveillé les craintes de défaut de paiement, propageant dans un premier temps la suspicion sur l’ensemble des titres financiers et générant par contrecoup une demande très forte de sécurité. La sélection parmi les émetteurs a été impitoyable, tandis qu’au sein des classes d’actifs les titres à rendement fixe captaient les placements au détriment des valeurs à revenu variable jugées bien trop incertaines. A l’heure du bilan, les marchés obligataires se sont envolés, les placements monétaires gardent beaucoup d’adeptes malgré un rendement nul et au prix d’une stérilisation préjudiciable à l’activité, et les bourses, du moins celles des nations riches, se sont affaissées sur fond de désertion d’investisseurs tétanisés par la crainte d’un regain de mortalité des entreprises.

Nous avons donc eu tort plus tôt dans l’année de mettre en garde contre des obligations d’Etat au rendement déjà faible et qui est devenu aujourd’hui franchement médiocre (l’Allemagne émet ces jours-ci vers 2.25% à dix ans, les Etats-Unis et la France vers 2.6%) : la valeur de ces titres a gonflé et la détention obligataire, sauf sur quelques signatures très contestées, s’est avérée un fleuve infiniment plus tranquille que ne l’a été le sort des actionnaires, ballottés par d’éprouvantes valses-hésitations sans en retirer, dans la plupart des cas, de profit significatif.
Cette situation peut encore durer : si vraiment le monde occidental entre dans un schéma de développement (ou, plus exactement, d’arrêt de croissance) tel que le Japon le connaît depuis une dizaine d’années, les taux de rendement peuvent encore diminuer et les actions de sociétés en permanence suspectes d’être au bord de difficultés graves continueront à végéter, au mieux. Mais la lecture des indices tend à nous amener vers un pronostic moins pessimiste.
Il nous semble que la vision des marchés est datée, focalisée sur la prééminence incontournable des seuls Etats-Unis – et la prédominance des opérateurs anglo-saxons renforce ce sentiment. On ne contestera pas bien sûr le poids toujours primordial de cette économie, mais il serait léger de ne pas tirer de conclusion du formidable basculement en cours entre les pays occidentaux et ceux que l’on appelle émergents par commodité mais dont certains sont dès maintenant des poids lourds de l’économie mondiale. Cette zone, certes hétérogène, est depuis trois ans le soutien indubitable de la croissance mondiale ; elle maintient à haut niveau la demande de matières premières, et est largement à l’origine de la hausse de 9% du commerce international prévue en 2010. Le commerce transpacifique a nettement dépassé désormais les échanges transatlantiques, démontrant la montée en puissance de ces nations. Grâce à une expansion supérieure à 5% l’an depuis des années, parfois même à deux chiffres, une classe moyenne de plusieurs centaines de millions de consommateurs au pouvoir d’achat interne plus très éloigné de celui des occidentaux s’accroît à grande vitesse. Nous décelons au travers de ces données un très puissant facteur de dynamisme.
Subsidiairement, même l’Europe, pourtant entravée de multiples handicaps, connaît actuellement une relative embellie sous l’influence de l’Allemagne, qui recueille les fruits de réformes engagées à froid avant la crise financière ; la conjoncture européenne est mieux orientée à ce jour que l’américaine ; c’est transitoire sans doute, mais l’effet d’entraînement d’une zone au poids comparable à celui des Etats-Unis ne doit pas être négligé.

Les marchés se concentrent actuellement sur les risques de rechute et de ce fait tendent à occulter les signaux de robustesse, allant sous certains aspects à la limite de l’inconséquence : ainsi, les titres de dette privée ont été recherchés ces derniers mois alors que les actions étaient délaissées, ce qui anticipe de facto que les sociétés pourront faire face sans aucun problème à leurs échéances mais ne parviendraient pas à rémunérer leurs actionnaires !
Nous jugeons surévaluées, à tout le moins sans attrait, les obligations d’Etat occidentales (nous reviendrons sur les risques de cet engouement dans notre prochaine lettre). Si l’on veut de la dette souveraine, nous voyons bien davantage de valeur dans celle des pays émergents : il est anormal que des pays dans la majorité des cas bien mieux gérés, aux finances publiques saines, aux comptes extérieurs excédentaires et aux réserves de change confortables doivent consentir un surcroît d’intérêt important à leurs prêteurs, et cette singularité ne durera pas éternellement ; autant en profiter, alors qu’un bonus pourrait être apporté à l’investisseur avec, à terme, la montée du change de ces pays.

Les actions peuvent continuer à souffrir quelque temps de la morosité du moment, mais nous estimons très majoritaires les chances de sortie par le haut. La raison en tient simplement à leur évaluation très basse qui anticipe, en Europe ou au Japon, une stagnation voire un effritement des bénéfices pour les dix années à venir, et une croissance très modeste aux Etats-Unis. Or, le redressement généralisé constaté depuis un an ne milite pas du tout pour une telle attente ; compte tenu de l’évolution bénéficiaire, la valorisation des actions est presque revenue aux points bas de mars 2003 ou 2009 alors que le contexte économique est tout de même mieux orienté, et les rendements qu’elles offrent, sans précédent récent, surclassent ceux des obligations émises par les mêmes émetteurs. Les sommets historiques des indices sont souvent très loin –rappelons qu’à Paris, le Cac 40 a pratiquement reculé de moitié en dix ans si l’on exclut les dividendes- et la dépréciation ressort massive. Tous ces arguments convergent vers une revalorisation des cours dès lors que la méfiance actuelle se sera amoindrie sinon dissipée ; elle entraînera celle des places « émergentes », au point mort pour cause de début de surchauffe économique et encore un peu tendres pour agir de manière autonome, mais dont la valorisation prend du retard au gré de l’avancée soutenue des profits.



Les analyses et recommandations ci-dessus n’ont qu’un caractère informatif et ne sauraient en aucun cas engager la responsabilité de ses auteurs. Les investisseurs demeurent entièrement maîtres et responsables de leurs décisions d'investissement et de gestion. Ils reconnaissent assumer et supporter l'intégralité des risques financiers liés à leurs investissements.
l' investissement en SICAV/FCP est un investissement qui ne comporte aucune garantie, ni de rémunération ni de capital.

"LES PERFORMANCES PASSEES NE PREJUGENT EN RIEN DES PERFORMANCES FUTURES ET NE CONSTITUENT EN RIEN UN ENGAGEMENT DE REMUNERATION."

mercredi 25 août 2010

SCPI défiscalisantes sur le banc d'essai


Le quotidien économique "Les Echos" a publié vendredi un article intéressant sur les SCPI Scellier, avec cette accroche :

"Au lieu d'investir en direct dans un logement locatif, il est possible de profiter du régime fiscal Scellier en souscrivant des parts de SCPI. Une manière de défiscaliser dès 2011, ses revenus de 2010."

Pour mémoire, j'avais expliqué le principe des SCPI (et leur grand intérêt pour les paramédicaux peu fortunés ou peu intéressés par la gestion) dans une série de billets qui commençait ici :

http://orthophonie-et-patrimoine.blogspot.com/2008/11/les-scpi-leffet-de-levier-pour-toutes.html

Concernant les SCPI Scellier, voir ici :
http://orthophonie-et-patrimoine.blogspot.com/2009/06/scpi-scellier-ca-existe.html

Maintenant, le banc d'essai des Echos, du 20 août 2010 :
http://www.lesechos.fr/patrimoine/immobilier/020719452527.htm?xtor=EPR-1003-[pat%20rimoine]-20100818

Comme d'habitude, je vous rappelle que les SCPI défiscalisantes sont un produit "tunnel". Il faut garder ses parts jusqu'à la dissolution de la SCPI, suite à la vente des logements. Celui qui chercherait à s'en séparer avant la fin s'exposerait à une forte décote, parce que l'acheteur ne bénéficie pas de l'avantage fiscal. Je rappelle également que la valeur des parts lors de la dissolution n'est pas garantie : elle dépend du marché immobilier du moment.

Malgré ces deux précautions, ce placement peut s'avérer judicieux pour ceux qui cherchent à investir en défiscalisant, sans investir 150 000 € et sans remettre leur sort entre les mains d'un seul locataire.

vendredi 30 juillet 2010

Faites construire écolo


Boursorama nous apprend ceci, ce matin :

"Scellier : réduction d'impôt majorée pour les logements performants sur le plan énergétique


La loi de finances pour 2010 avait prévu une majoration du taux de réduction d'impôt "Scellier" pour certains investissements réalisés à partir du 1er janvier 2011. Le décret du 20 juillet 2010 vient de définir le niveau de performance énergétique qui doit être atteint pour en bénéficier. Il précise que les logements doivent être labellisés "bâtiment basse consommation énergétique, BBC 2005". Ce label est défini par les articles L111-9 et R111-20 du Code de la construction et de l'habitation.
Lorsque les conditions sont remplies, le taux de la réduction d'impôt est majoré de 10 points pour les logements acquis ou construits en 2011 et 2012. Il passe donc à 25 % (logements acquis ou construits en 2011) et 20 % (logements acquis ou construits en 2012). La réduction d'impôt est calculée sur le prix de revient du logement retenu pour sa fraction inférieure à 300.000 euros.
Décret n°2010-823 du 20 juillet 2010 (JO du 22)"

mardi 27 juillet 2010

Auxiliaires médicaux : +6,4 %




Voilà un chiffre qui éblouira Roselyne Bachelot : +6,4 %. Ce n'est pas une augmentation de nos lettres-clés. C'est ce que nous avons coûté au pays sur le premier semestre 2010. C'est le Quotidien du Médecin qui vient de le publier :

"Les dépenses de soins de ville ont progressé de 3,1 % depuis le début de l’année 2010 contre 3,3 % à la fin du mois de mai, selon les derniers chiffres de l’Assurance-maladie. Les honoraires médicaux et dentaires ne suivent pas la même tendance puisqu’ils n’augmentent que de 0,4 % sur les six premiers mois de l’année (0,7 % à fin mai 2010). Pour les généralistes, ils ont même diminué de 1,9 % par rapport au premier semestre 2009. Selon l’Assurance-maladie, « la croissance des dépenses de soins de spécialistes tend à se réduire, passant de 2,4 % à fin mai à 1,7 % sur les six premiers mois de l’année ». L’évolution est modérée pour les médicaments (+1,5 % sur les six premiers mois de 2010). Les soins d’auxiliaires médicaux (+6,4 %) et les dépenses de soins infirmiers (9,7 %) connaissent de plus fortes hausses."

Reste à savoir si nous pouvons espérer la moindre revalorisation tarifaire avec de tels dérapages.

mercredi 21 juillet 2010

SCPI Scellier : trust no one


En cliquant sur ce lien et sur les réponses, vous trouverez le témoignage (non vérifié) d'Emile, une personne qui raconte comment elle a investi sur une SCPI Scellier, donc défiscalisante.

Pour mémoire, les SCPI sont de grosses associations de propriétaires qui possèdent plusieurs dizaines de biens et en confient la gestion à une société. Certaines d'entre elles permettent d'obtenir des réductions d'impôt. J'ai écrit plusieurs billets à ce sujet, vous les retrouverez en cliquant sur "SCPI", à droite de votre écran.

La mésaventure décrite par Emile mérite de rappeler une évidence : il ne faut jamais faire entièrement confiance à un conseiller, quel qu'il soit. C'est confortable mais dangereux. Il vaut mieux tout vérifier. Chercher à apprendre est d'ailleurs un plaisir dans tout domaine, y compris celui-ci.

vendredi 16 juillet 2010

Le soutien des Communistes


Vous savez sans doute qu'il y a deux semaines, de nombreux orthophonistes ont manifesté sur des péages d'autoroutes et dans les rues. Ils réclamaient principalement l'AMO à 2,60 €, une augmentation des salariés et l'accès au master. Cette action a été relayée par la presse : j'en ai entendu parler par des voies détournées (sur le mode : "Ah bon, vous aussi, vous avez des problèmes de sous ?"). Il ne s'agit pas encore d'un succès, puisque rien n'a changé. Mais on ne peut qu'être ravi de l'énergie déployée, du nouveau mode d'action et de l'information de la population.

Le site de la FNO donne des liens sur cette journée mémorable du 3 juillet.

Photos : ici
Télé et radio : ici
Nombreux articles dans la presse régionale : ici

Notre sort a d'ailleurs ému une sénatrice communiste des Bouches du Rhône : Madame Isabelle Pasquet. Elle a écrit la lettre suivante à Roselyne Bachelot :

Question écrite n° 14249 de Mme Isabelle Pasquet (Bouches-du-Rhône - CRC-SPG)

publiée dans le JO Sénat du 08/07/2010 - page 1772

Madame Isabelle PASQUET attire l’attention de Mme la ministre de la santé et des sports sur la dégradation des conditions d’activité des orthophonistes libéraux et salariés. En effet, alors que ceux-ci répondent aux efforts qui leur sont demandés par le Gouvernement et par l’assurance maladie en prenant part aux grands plans de santé publique et en respectant leurs engagements conventionnels, ils se retrouvent pourtant dans une situation de paupérisation progressive. Ce constat peut être réalisé à partir de l’analyse de leurs revenus. Concernant les orthophonistes libéraux, leurs honoraires n’ont pas été revalorisés depuis le 1er janvier 2003 et leurs indemnités de déplacement depuis plus longtemps encore. Les orthophonistes salariés, pour leur part, voient leurs grilles de salaires et leur statut gelés depuis des années. L’étude de l’évolution des revenus des orthophonistes libéraux sur la période 2003-2009 montre une augmentation régulière et conséquente de leurs charges aggravée par l’érosion parallèle de leurs revenus. Alors que l’augmentation des recettes n’a pas dépassé les 5 % sur la période, dans le même temps, les charges de loyer ont augmenté de plus de 24 % et les charges de fonctionnement de plus de 30 %. Par ailleurs, la revalorisation des honoraires par professionnel conventionné actif n’est en moyenne que de 1 % par an soit très inférieure à l’augmentation annuelle du coût de la vie. Cette situation, déjà préoccupante, est de plus confortée par le fait que la formation initiale des orthophonistes n’est toujours pas insérée dans l’architecture européenne LMD ni reconnue au niveau master. Madame la Ministre, je vous demande en conséquence si le Gouvernement envisage une possible revalorisation à la fois des actes d’orthophonie, des indemnités de déplacement, et des grilles salariales afin d’améliorer la situation actuelle.

D'après le site du Sénat, cette lettre du 1er juillet reste malheureusement sans réponse de Madame Bachelot, pour l'instant. Mais vous admettrez aisément qu'il est réconfortant d'être soutenu par les Communistes. J'espère que la SFIO, le MRP et l'UDR en feront autant.

vendredi 25 juin 2010

Les placements depuis 1972




L'institut de l'épargne immobilière et foncière publie chaque année un comparatif des placements, en remontant jusqu'en 1972 :

  • Actions françaises
  • Immobilier d'entreprise
  • Immobilier de logement
  • Sociétés foncières cotées
  • SCPI
  • SICAV obligataires
  • SICAV monétaires
  • Livret A
  • Or
L'étude de cette année vient d'être publiée et relayée par le site pierrepapier.fr. Vous la trouverez en cliquant ici.

Il apparaît que sur l'année 2009 et sur les 10 dernières années, ce sont les foncières cotées, donc des actions basées sur l'immobilier, qui remportent la course du meilleur placement ! Entre 1972 et 2009, elles obtiennent un taux de rendement interne de 11,5 %, légèrement supplanté par celui des actions françaises, à 11,6 %. Ces dernières se sont révélées particulièrement mauvaises sur la période 1999-2009. Elles avaient mangé leur pain blanc auparavant. Je nuancerai en rappelant que l'on n'est pas obligé de se cantonner aux actions françaises. La croissance et le dynamisme sont meilleurs ailleurs, malheureusement.

Concernant les SCPI dont j'ai souvent parlé ici, l'auteur note qu'elles ont souffert dans les années 90, ce que l'on savait déjà. Il pense que leur redressement spectaculaire des années 2000 est évidemment lié au marché de l'immobilier lui-même, mais peut-être aussi aux restructurations des SCPI elles-mêmes, ainsi que du marché des parts.

Ces données montrent une fois de plus que les performances passées ne préjugent pas de l'avenir et que le moment d'investissement est primordial : il ne faut pas entrer sur un placement en haut de cycle. Encore faut-il savoir, sur le moment, que le haut de cycle est atteint.

L'étude comporte aussi quelques maximes dignes de Confucius :

  • Il faut considérer l'or pour ce qu'il est : un produit hautement spéculatif, c'est-à-dire exactement le contraire d'un placement protecteur.
  • Une bonne politique d’investissement repose sur une remise en cause permanente du jugement que l’on peut avoir sur tel ou tel placement.
  • Il n’y a que des placements plus ou moins bien adaptés à la durée d’immobilisation envisagée et au risque que l’on est prêt à prendre.

jeudi 17 juin 2010

Réforme des retraites : les mesures sur le patrimoine




Eric Woerth a annoncé hier sa réforme des retraites, qui vise à amener le régime général à 0 déficit en 2018, au lieu de 32 milliards d'euros à l'heure actuelle.

Un jour ou l'autre, la CARPIMKO nous alignera sur la retraite à taux plein à 67 ans au lieu de 65. Mais dès maintenant, voici ce qui peut nous toucher :

  • Ceux qui se trouvent dans la tranche marginale d'imposition à 40% vont subir la création d'un nouveau prélèvement de 1%. Ils ne sont pas les plus nombreux parmi les paramédicaux, mais ils existent.
  • Ceux qui épargnent pour leurs vieux jours vont voir une augmentation de 1% des prélèvements sur les plus-values de cessions immobilières et mobilières, ainsi que du prélèvement libératoire sur les dividendes et les intérêts versés. Cela ne touche pas que les actionnaires : les intérêts d'un compte sur livret sont aussi concernés, par exemple. Cela vient s'ajouter au 1,1 % de l'an dernier.
L'Etat taxe donc la retraite par capitalisation pour financer la retraite par répartition. Il taxe aussi les retraités, qui sont ceux qui possèdent le plus de patrimoine par définition : ils ont eu plus de temps pour s'en créer un.

Les deux mesures ci-dessus, ainsi que la taxation des stock-options et des retraites-chapeaux (qui feront plaisir aux médias), devraient rapporter 3,7 milliards d'euros l'an prochain.

Dernier point : qu'adviendra-t-il après 2018 ? Nous risquons fort d'entendre à nouveau parler de courage et de justice, les deux mots à la mode en 2010.

vendredi 11 juin 2010

AMO à 2,60 € : bon timing ?




La Fédération Nationale des Orthophonistes tient son congrès à Vichy en cette fin de semaine. Elle souhaite faire entendre deux revendications majeures : l'AMO à 2,60 € pour les libéraux et l'augmentation des salaires du public et du privé. Vous avez sûrement davantage suivi le congrès de la CFDT dans les médias, que celui des orthophonistes...

Aujourd'hui, la FNO demande à tous les orthophonistes, syndiqués ou non, d'envoyer ce texte à Nicolas Sarkozy :

Monsieur le Président de la République,

Les orthophonistes respectent le contrat conventionnel, les orthophonistes participent à la mission de service public de santé.

Pourtant, depuis 8 ans leurs honoraires ne sont pas revalorisés, leurs salaires ne sont ni dignes, ni attractifs. Les revenus des orthophonistes sont en baisse.

Monsieur le Président de la République, les orthophonistes ne supportent plus cette cure d’austérité.

Monsieur le Président de la République,
les orthophonistes revendiquent l’AMO à 2,60€ et une revalorisation des salaires.


Vous trouverez une version directement imprimable ici :

http://www.orthophonistes.fr/upload/070620101347Lettre_coul.pdf

Vous pouvez aussi envoyer le texte par internet :

http://www.elysee.fr/ecrire/


Cette action est aussi relayée sur Facebook, à l'initiative du blog Elsass Ortho :

http://www.facebook.com/group.php?gid=116115031761312&v=wall


Reste que l'AMO a été légèrement modifié deux fois depuis 8 ans : il est passé à 2,37 € en 2003 (revalorisation prévue en 2002) et à 2,40 € en 2007 (réorientation de crédits alloués lors de la modification de la nomenclature en 2006). Cela reste très loin de l'inflation, mais ce n'est pas zéro. Il est gênant d'envoyer un message erroné au Président, dont les services savent tout cela. C'est au mieux un raccourci approximatif, au pire une négation de la réalité des choses. Il eût été plus objectif et tout aussi parlant de comparer ces deux revalorisations avec 8 ans d'inflation.

On peut aussi se demander si le timing est adéquat, au moment où :
  • Toute l'Europe se voit contrainte de réduire ses dépenses.
  • La France commence à emprunter nettement plus cher que l'Allemagne pour assurer sa subsistance quotidienne.
  • Les médecins eux-mêmes ne sont plus totalement sûrs d'obtenir leurs 23 €, après les annonces d'abaissement de l'ONDAM et le renforcement des procédures d'alerte concernant le dérapage des dépenses de santé.
Bien entendu, la FNO ne savait pas tout cela quand elle a arrêté les dates du congrès de Vichy. On peut aussi lui savoir gré de mettre enfin l'AMO en première ligne de ses revendications. Et qui ne tente rien n'a rien... Espérons que toute cette action ne soit pas uniquement une opération de communication envers la base.

Dernier point, qui peut rendre très pessimiste sur les chances de l'AMO à 2,60 € : l'Etat aura beau jeu de nous répondre que nous n'avons qu'à travailler davantage. Nos amis kinésithérapeutes nous l'ont déjà dit ici...

lundi 31 mai 2010

Bienvenue dans mon bunker




Je livre à votre sagacité l'éditorial de Christian Micheaud, paru aujourd'hui sur le site www.pierrepapier.fr. Bien entendu, les esprits chagrins diront qu'il prêche pour sa chapelle. Mais autant lire avant de juger.

"Sans parler de l'immobilier comme d'un « bunker antimondialisation », pour reprendre l'expression d'Emmanuel Todd lors du dernier colloque de l'Institut de l'Epargne Immobilière et Foncière, on peut se demander si, dans les années à venir, le meilleur allié de la pierre ne sera pas... la peur ! La peur de l'incertitude économique, de la volatilité boursière qu'elle engendre et, plus encore, de l'inflation.

L'immobilier est un refuge contre l'inflation, dit la doxa, ne serait-ce que parce que les loyers sont indexés sur les prix. C'est vrai, à condition toutefois que la vacance ne détériore pas les recettes locatives. Et c'est bien là tout l'intérêt de la pierre papier ! Elle permet à l'épargnant d'investir dans un patrimoine diversifié : une multitude d'immeubles répartis sur différents secteurs géographiques et occupés par un grand nombre de locataires aux activités économiques multiples.

Quant à savoir s'il y aura ou non une poussée inflationniste dans les années à venir, les économistes se disputent âprement sur le sujet. Plutôt que d'obliger les épargnants à prendre parti, le meilleur service à leur rendre est de leur proposer se protéger de ce risque. La crainte d'une hausse des prix est désormais suffisamment répandue, auprès des petits épargnants comme chez les grands investisseurs, pour que l'on soit en droit d'exiger des gérants une performance nette d'inflation.


C'est ici que l'immobilier a un rôle à jouer. Quel meilleur « actif réel » que la pierre pour procurer une performance nette d'inflation ? Certains fonds de pension, comme le Government Pension Fund Global Norvégien mais aussi, dans une moindre mesure, le Fonds de Réserve des Retraites français, ont annoncé qu'ils allaient augmenter leur exposition à l'immobilier. Il n'est pas déraisonnable d'envisager que les épargnants fassent de même. Dans un monde inquiet sur les valeurs futures, la pierre-papier dispose de formidables atouts pour s'imposer.
"

jeudi 27 mai 2010

Spéculer sans le savoir



Vous aurez peut-être reconnu le sémillant George Soros, un des spéculateurs les plus célèbres du monde.

Dans mon billet du 2 avril dernier, j'avais parlé des fonds en euros des assurances-vie, dont les Français sont si friands, en disant qu'ils n'étaient pas aussi sécurisés qu'ils en avaient l'air. Voici une nouvelle newsletter qui enfonce le clou :

http://www.media-sante.com/pdf/patrimoine/SP819.pdf

Frédéric Segoura y démontre de manière simple et claire que l'épargnant qui déteste le risque peut se transformer en spéculateur (la lie de la société pour les médias de 2010) sans le savoir ! Heureusement, pour placer sans risque, il reste le livret A et le coffre-fort dans le mur ;-)

Merci à la personne anonyme qui m'a donné ce lien.

mardi 25 mai 2010

Revalorisations : rêve ou utopie ?




Dans mon billet du 2 février 2009, j'avais expliqué comment les revalorisations de tarifs des professionnels de santé libéraux étaient soumises au respect de l'objectif national des dépenses d'assurance maladie (ONDAM).

A l'issue de la seconde conférence sur les déficits du pays, le Président de la République a annoncé deux mesures qui vont compliquer encore un peu plus la mise en place de revalorisations, même si elles sont négociées en amont :
  • L'ONDAM est à +3 % cette année et sera à +2,9 % l'an prochain, puis +2,8 % en 2012. A l'heure actuelle, le rythme réel est à +4 %, selon le Quotidien du Médecin, sans "aucune chance de s'infléchir". A l'origine, il était question de placer l'ONDAM à +2 % tout ronds.
  • Le comité d'alerte donnera son avis le 15 avril au lieu du 1er juin de chaque année. L'alerte sera déclenchée à partir d'un dérapage de 0,5 %, au lieu de 0,75 % actuellement. Si cette mesure avait déjà existé depuis 13 ans, une alerte aurait été déclenchée quasiment tous les ans, assorties de tours de vis. Le Quotidien du Médecin parle de baisses de tarifs et / ou des taux de remboursement. C'est encore pire que le gel que nous subissons depuis des années. A l'heure où j'écris ces lignes, personne ne dit si cette nouvelle annonce remet en cause la future consultation médicale à 23 €, que certains médecins appliquent d'ores et déjà.
Tout cela s'avère peu réjouissant. Avant de crier avec la meute, on peut néanmoins se demander s'il existe une alternative crédible à cette politique. Le discours démagogique qui consiste à "faire payer les riches" n'est que de l'écume médiatique digne du regretté Georges Marchais. D'ailleurs, l'ONDAM, créé par les ordonnances Juppé en 1996, n'a jamais été remis en cause par les gouvernements suivants, quelle que soit leur tendance politique.

vendredi 21 mai 2010

Bientôt des collaborateurs salariés ?




Le Président de la République a déjeuné aujourd'hui avec 12 professionnels de santé libéraux : 10 médecins et 2 infirmières. Cela se passait à Bouglon, dans le Lot et Garonne.

D'après ce qu'en dit le Quotidien du Médecin, Nicolas Sarkozy prévoit des "mesures générales portant sur l'exercice libéral" qui seront annoncées à la fin de l'année. Le Docteur Elisabeth Hubert, ancienne et très éphémère ministre de la Santé d'Alain Juppé, est déjà chargée d'une mission sur ce plan.

Parmi les mesures envisagées, un des médecins présents dit que le Président a parlé des bourses pour les étudiants, du développement des maisons et pôles de santé, mais aussi de la possibilité de développer le contrat de collaborateur salarié.

lundi 17 mai 2010

Immobilier en direct : méfiance




Vous avez sous les yeux un superbe appui de fenêtre, duquel je viens d'ôter un misérable bout de moquette qui cachait la misère. Il y a deux ans, lors de l'entrée du locataire dans les lieux, il était blanc comme la neige. Il l'était depuis la rénovation totale du logement, en 2003. Tout le reste de la maison est à l'avenant, défoncé et barbouillé avec la couleur sombre que vous voyez sur le bas de la photo. Le locataire, mauvais payeur mais bon casseur, s'est enfui avec sa famille à 700 km. La CAF de Nancy lui a ouvert un nouveau dossier vierge, alors que je sais que je suis au minimum sa seconde victime. Pour amortir ce choc, je vais devoir annuler des dépenses professionnelles et privées, puis renoncer à quelques semaines de congés et passer tous mes week-ends dans cette accueillante demeure.

La gendarmerie est passée samedi pour vérifier si les objets laissés dans la maison et dans le jardin étaient volés. Mais d'après eux, les faits ne relèvent pas du pénal. Le locataire, qui a organisé son insolvabilité, ne risque qu'une contravention. Tout est bien qui finit bien : il peut s'en prendre à sa nouvelle proie en Lorraine qui ne se doute encore de rien.

Ce message, dont la teneur personnelle n'est pas habituelle ici, apporte de l'eau au moulin de nos amis Pigeons : quand on fait de l'immobilier hors SCPI, le meilleur locataire, c'est soi-même. Sinon, on se met à la merci de margoulins protégés par le système.

jeudi 6 mai 2010

La FNO est désabusée






Comme le rappelle le CNPS ce matin, "le gouvernement a dévoilé les décrets régissant le futur développement professionnel continu (DPC), en application de la loi « Hôpital, patients, santé, territoires ». Le DPC doit se substituer, à partir du 1er janvier 2012, à la formation continue et à l’évaluation des pratiques professionnelles."

Les syndicats se sentent complètement dépossédés de la formation continue. Dans le cas des orthophonistes, on peut reconnaître un énorme mérite à la FNO et à la FOF pour ce qu'elles ont fait dans ce domaine, depuis leur création. Mais le mise en place du DPC était dans les gènes de la loi Bachelot, dont j'ai parlé ici plusieurs fois (voir notamment le billet du 20 mars 2009).

Vous trouverez un communiqué complet de la FNO ici :

http://www.orthophonistes.fr/upload/040520101807com_HCPP_030510.pdf

Vous le constaterez, la FNO se sent complètement démunie. Elle reconnaît en filigrane qu'elle n'a plus de prise sur les événements, puisque l'Etat lui ôte ses prérogatives une à une (en l'occurrence formation continue et reconnaissance des diplômes étrangers). Elle termine même son communiqué en maniant une ironie qui montre à quel point elle est désabusée. Malgré sa forte représentativité, elle peut difficilement faire pression sur l'Etat pour contrer l'évolution en cours : les leviers lui manquent. Seuls les médecins savent encore se faire entendre parfois. Ils sont d'ailleurs si sûrs d'eux-mêmes que certains d'entre eux facturent déjà 23 € pour une consultation de généraliste, en notant 22 € sur la feuille de soins (vécu hier matin). Mais sur la formation, ils sont aussi démunis que les paramédicaux, comme le montre le communiqué de la CSMF qui ne peut que dénoncer :

http://www.csmf.org/index.php?option=com_content&task=view&id=901&Itemid=541


Celui du SML :

http://www.lesml.org/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&cntnt01articleid=183&cntnt01origid=156&cntnt01dateformat=%25d%2F%25m%2F%25Y&cntnt01returnid=64

Mais pour en revenir au communiqué la FNO, voyons les choses du bon côté : tous les camarades syndiqués qui mettaient tant de temps et de bonne volonté à échafauder des formations de qualité vont retrouver du temps libre.

lundi 3 mai 2010

Serions-nous victimes d'un écran de fumée ?




Voici un édito de Jacques Attali, paru ce matin sur son site :

http://www.attali.com/ecrits/articles/macro-economie/agissez


Comme vous le constaterez, cela tranche singulièrement avec l'optimisme ambiant que l'on entend depuis quelques jours : les décisions européennes majeures que l'on nous décrit seraient en fait un vaste écran de fumée. Jacques Attali tente toujours d'avoir un point de vue original et visionnaire sur toute chose. En l'occurrence, ce qu'il écrit mérite vraiment d'être lu, à mon humble avis : cela concerne tous les Européens, y compris les paramédicaux que nous sommes.

"Pendant que les dirigeants européens s’éparpillaient, les uns dans des débats électoraux pathétiquement futiles, les autres dans des voyages sans urgence chez le nouveau maitre chinois, les marchés, (à qui nous avons tous été bien contents d’avoir recours, pendant des années, pour leur emprunter de quoi maintenir un train de vie que notre travail ne justifiait plus) ont commencé à nous demander des comptes.


Personne n’était là pour leur répondre : Comment a-t-on osé ne rien faire, alors qu’on s’était empressé de sauver notre système financier? L’Europe est-elle, pour les Européens, moins importante que ses banques ?

Il aura fallu qu’on approche de la catastrophe, en Grèce, pour qu’on prenne, dimanche dernier, quelques semblants de décisions, échangeant une aide de l’Union européenne et du FMI contre des économies budgétaires hellènes. Des décisions inapplicables : Jamais les Grecs, en effet, ne mettront en œuvre un programme d’austérité aussi sévère que celui qu’on prétend leur imposer. Cela tombe bien : jamais les autres Européens n’ont eu l’intention de leur verser l’argent qu’ils leur promettent aujourd’hui : chacun des gouvernements de l’Union, en effet, comme chacun d’entre nous, sentant que le pire s’annonce, préfèrera garder pour lui-même le peu d’argent qu’il a (ou qu’il pense pouvoir encore emprunter).

La solution ne consiste donc pas à prêter à la Grèce un argent qu’on n’a pas, en s’endettant d’avantage : la Grèce devrait-elle demain prêter au Portugal, l’argent que la France lui prêterait aujourd’hui ? Absurde !

Les Européens semblent ne pas réaliser que les Américains comme les Chinois se préparent, eux, à sortir de la crise par une combinaison d’investissements, de dévaluation, d’inflation et d’économie de guerre, dont nous serons les principales victimes. Ils ne réalisent pas que ces deux principaux acteurs du monde se sont donné une gouvernance efficace : Les Chinois ont donné tout pouvoir à un parti ; les Américains ont confié l’essentiel des manettes à leur Banque Centrale : Mr. Hu Jin Tao et Mr Bernanke sont, aujourd’hui, les deux vrais maitres du monde.

L’Europe ne peut pas faire de même : personne n’y accepterait, et c’est heureux, une dictature du prolétariat ou, encore moins, de Jean Claude Trichet.

Si l’on veut pourtant éviter le désastre, nous avons besoin de voir les chefs d’Etat de nos pays se réunir demain, après demain, sans fin, comme ce fut le cas en 2008 sous présidence française, pour agir et se doter d’une capacité d’emprunt en bons du trésor européens, qui trouveraient immédiatement preneurs, et qui suffiraient à mettre fin à cette crise, en donnant le temps d’agir sur l’essentiel, c’est-à-dire le désordre des dépenses publiques, l’absence de coordination fiscale et de réglementation bancaire.

C’est possible. Il suffirait de décider, dès demain, de la création d’un Agence Européenne du Trésor, immédiatement autorisée à emprunter au nom de l’Union, et d’un Fond Budgétaire Européen, immédiatement mandaté pour contrôler les dépenses budgétaires des pays dont la dette dépasse les 80% du PIB.

Si les dirigeants européens n’agissent pas en ce sens au plus vite, ils seront emportés par l’avalanche. Et nous, pour un moment, avec eux."

vendredi 30 avril 2010

Immobilier : à quel saint se vouer ?




Voici un lien vers un article publié par l'AFP et repris par Boursorama :

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=451316760fcd50593ababbe1069c036c

Que ce soit pour une résidence principale, l'achat du cabinet ou un investissement locatif, il est toujours utile de tenter de savoir la direction que le marché prend. Or, il semble bien que ce soit comme en bourse : on est sûr que rien n'est sûr. Il suffit de comparer tous les pourcentages contenus dans l'article ci-dessus pour avoir le tournis...

Les statistiques de la FNAIM sont souvent les plus reprises dans les grands médias, mais sont-elles les plus fiables ?

jeudi 22 avril 2010

CBP : la FNO dénonce




Dans mon dernier post, je vous parlais de la suppression du contrat de bonne pratique (CBP). D'après ce que je lis sur Orthogestion, il semble que ceux qui l'ont signé avant le 1/04/2010 y aient encore droit, puisque la loi n'est pas rétroactive.

Le 15 avril, la FNO a confirmé ce que je vous disais, en mettant en ligne le communiqué fédéral suivant :

"Suppression du Contrat de Bonne Pratique des Orthophonistes

La Fédération Nationale des Orthophonistes a pris connaissance des dispositions de l’article 22 de l’ordonnance n°2010-177 du 23 février 2010 qui abroge les dispositions du code de la sécurité sociale qui fondent la base juridique des Contrats de Bonne Pratique (CBP).

Le Contrat de Bonne Pratique instauré en 2002 dans le cadre conventionnel suite à un accord signé entre les Caisses d’assurance maladie et la Fédération Nationale des Orthophonistes est donc purement et simplement supprimé par cette ordonnance qui s’inscrit dans la mise en œuvre de la loi « HPST ».

La Fédération Nationale des Orthophonistes dénonce la suppression unilatérale du CBP signé depuis 2002 par un quart de la profession.

La loi HPST remet en cause des dispositions conventionnelles et supprime un outil de la convention nationale des orthophonistes sans que les parties conventionnelles aient été consultées et informées.

La suppression, par ordonnance, du CBP est la première atteinte concrète au contrat conventionnel.

La Fédération Nationale des Orthophonistes dénonce avec force cette atteinte au contrat conventionnel et aux relations conventionnelles entre les caisses d’assurance maladie et les organisations représentatives des professions de santé qui sont un des éléments essentiels de l’égalité d’accès aux soins et des conditions d’exercice des orthophonistes sur l’ensemble du territoire."



Comme j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire ici, l'esprit de la loi HPST consiste à contourner le contrat conventionnel et à court-circuiter les syndicats, en mettant directement les praticiens sous la férule de l'Etat. Nous le savions. Nous en avons aujourd'hui une première démonstration concrète.

La suppression du CBP sera vécue par beaucoup comme un épiphénomène : il ne s'agissait que de 600 euros, soumis à l'impôt et aux charges sociales de toutes sortes. Et bien des gens ne l'avaient pas signé, par fierté. Mais il est probable que cet événement constitue le premier nuage annonciateur d'une tempête: le contournement des syndicats est une manoeuvre très intelligente qui les affaiblira complètement aux yeux des gens. Ils avaient déjà bien du mal à obtenir quoi que ce fût. A présent, ils en sont réduits à voir les choses se faire en les dénonçant. Ne nous voilons pas la face : cette nouvelle situation s'avère pleine de dangers potentiels pour nous. Notre fédération principale est très représentative, mais si elle n'a pas d'interlocuteur et que tout se décide en-dehors d'elle, la lente décomposition que nous vivons depuis 25 ans risque de s'accélérer, quelle que soit la tendance politique des gouvernements à venir.

mardi 13 avril 2010

La fin du CBP




J'ai expliqué le 20/02/2009 en quoi consistait le contrat de bonne pratique (CBP). Depuis huit ans, de nombreux collègues se demandent s'il faut le signer.

Une personne anonyme (merci à elle) a laissé un commentaire sur mon billet d'hier, annonçant la fin du CBP. J'ai trouvé la source de l'info sur le blog du syndicat régional des orthophonistes de Charentes Poitou :

http://srocpl.canalblog.com/archives/2010/04/08/index.html

L'ordonnance du 23 février prouve une fois de plus que le système conventionnel et paritaire ressemble de plus en plus à une jolie façade de studio hollywoodien : c'est très impressionnant à première vue, mais il n'y a rien derrière. Cette tendance, amorcée il y a 14 ans avec les ordonnances Juppé, s'accentue aujourd'hui.

Tels que nous sommes partis, il va devenir plus utile d'adhérer à un parti politique qu'à un syndicat...

lundi 12 avril 2010

Feuilles de soins papier payantes : quelques mois de surcis




Voici un extrait réconfortant de la dernière newsletter du CNPS :

"La taxe sur les feuilles de soins papier repoussée à 2011

La Caisse nationale d'Assurance Maladie a annoncé le report au 1er janvier 2011 de l'amende pour les professionnels de santé recourant encore à des feuilles de soins papier. Cette taxation fixée à 50 centimes d'euros par feuille de soins papier devait entrer en vigueur en mai pour imposer la généralisation de la télétransmission génératrice d’économies pour l’assurance maladie.

Le principe de la pénalisation des feuilles de soins papier avait été introduit par la loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoires ».


En 2009, l'assurance maladie aurait reçu quelques 150 millions de feuilles de soins papier. Avec la généralisation de la télétransmission elle pourrait économiser 200 millions d'euros par an car le traitement d’une feuille de soins papier coûte en moyenne 1,74 euro à la Sécurité sociale contre 0,27 pour une feuille télétransmise. La question se pose de savoir s’il incombe aux professionnels de santé de faire le travail des caisses sous la menace d’une amende…. Et au passage si les professionnels sont en situation de pouvoir télétransmettre en toute circonstance, les oublis sont légion sans parler de ces patients qui n’ont toujours pas de carte Sésam-vitale.


Pour le SML le report de la taxation des feuilles de soins papier pour le début 2011 ne constitue pas en soi une satisfaction puisque cette taxation reste indifférente aux particularités de l'exercice diversifié des médecins libéraux et ne règle pas les insuffisances des Caisses quant à la délivrance des cartes vitales et à leur utilisation informatique.

Le syndicat rappelle qu'il a précisé depuis longtemps les règles de dérogations logiques et argumentées qu'il oppose à cette taxation aveugle et demande aux médecins de tirer les conséquences de ce report qui ne modifie pas le fond du problème quant à leur stock de feuilles de soins papiers.

Le SNMKR revient sur le report de la taxation des feuilles de soins papier et constate, que si la date d’application est reportée au 1er janvier 2011, on ne connaît toujours les modalités précises du dispositif. On ne sait qui serait exempté, dans quel cadre d'activité (domicile par exemple), d'après quels critères (pourcentage de télétransmission hors domicile...) etc...

Ce que l'on sait, souligne le syndicat, c'est que l'UNCAM prétend que chaque traitement de feuille de soins lui coûte environ 1,50 €, et qu'elle entend les taxer environ 0,50 € l'unité. Il serait donc intéressant de chiffrer l'économie réalisée depuis toutes ces années grâce à la télétransmission consentie pour ainsi dire sans compensation par une forte majorité de professionnels de santé."

Commentaire perso :

N'exagérons rien : les deux primes d'aide à la télétransmission couvrent généralement les coûts liés au logiciel. On peut même être bénéficiaire, comme je l'ai déjà expliqué ici. Concernant les domiciles, les solutions existent depuis des années. Les infirmiers le savent bien.

Néanmoins, il est absurde que nous soyons taxés si la feuille papier est due au patient lui-même : cela ressemble au raisonnement fallacieux de certaines banques, qui nous taxent quand nous sommes victimes d'un chèque sans provisions. Si l'UNCAM commence à entrer dans cette logique, on peut lui donner quelques idées réjouissantes :

  • sur-facturer les appels téléphoniques que nous sommes conduits à lui faire
  • facturer un changement d'adresse
  • facturer les DEP
  • facturer les enveloppes de DEP avec 2 qualités et donc 2 tarifs : l'enveloppe classique d'un côté, l'enveloppe qui colle vraiment de l'autre
  • facturer les tickets d'attente au guichet
  • facturer le relevé SNIR et tous les RIA intermédiaires (ex : janvier à mars), dont je n'ai toujours pas compris l'utilité
  • facturer la tenue des commissions paritaires, en adressant l'addition aux syndicats
  • imposer un logiciel de télétransmission unique, pour tuer la concurrence et tirer les tarifs vers le haut
  • transférer le poids des franchises médicales sur les professionnels, par souci de justice sociale envers les patients
etc etc...

vendredi 2 avril 2010

Assurance-vie, fonds en euros : pas si sécurisé


J'ai expliqué ici le principe de l'assurance-vie, dans une série qui commençait le 25/09/2008.

Depuis la mise en place du paquet fiscal, l'assurance-vie a perdu de sa superbe concernant la transmission du patrimoine à ses héritiers. Mais il lui reste de beaux atours si l'on épargne pour soi et que l'on peut attendre 8 ans : l'Etat se montre alors très généreux.

Rappelons aussi que l'assurance-vie peut être pratiquée dans d'autres cadres fiscaux :
  • celui des contrats retraite Madelin, réservés aux travailleurs indépendants que nous sommes (j'en ai parlé ici)
  • celui du PERP, accessible à tous (voir ici).
L'aversion au risque étant ce qu'elle est, surtout après un krach immobilier et boursier (ce qui est illogique : après une douche froide, l'eau se réchauffe), bon nombre d'épargnants privilégient le fonds en euros de leur assurance-vie, de leur PERP ou de leur contrat Madelin. Cela constitue même pour certains la seule épargne de long terme. Le fonds en euros est généralement présenté comme sûr, sécurisé, voire garanti, avec un rendement brut nettement supérieur (3 à 4% cette année) à celui du livret A (1,25%).

Actuellement, les fonds en euros se situent effectivement bien au-dessus de l'inflation. Mais ils ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. Pour vous en convaincre, vous pouvez consulter l'historique du rendement du fonds en euros de l'AFER, qui propose un contrat célèbre :


Il y a 20 ans, avec une inflation déjà bien maîtrisée, ce fonds (on parlait à l'époque de "fonds en francs") rapportait 9 % ! L'an dernier, il n'a rapporté que 4,12%. Donc moins de la moitié. Peut-on se fier aux rendements actuels pour "sécuriser" son avenir sur les 40 prochaines années ? La réponse est évidemment négative.

Il existe une autre menace sur les fonds en euros : le fait que nous vivions au-dessus de nos moyens depuis les années 70. Nos amis "pigeons" ont donné ici cette semaine un lien fort intéressant et éclairant à ce sujet, qui explique pourquoi les fonds en euros risquent de passer en-dessous de l'inflation :


La conclusion est simple : réfléchissez bien avant de mettre tous vos oeufs dans ce panier, qui a perdu plus de la moitié de son rendement en 20 ans, et qui offre un avenir moins certain que ce que l'on prétend partout.

vendredi 26 mars 2010

Nouveau simulateur de CARPIMKO




Depuis le temps que je devais le faire, c'est enfin chose faite : j'ai modifié mon simulateur de CARPIMKO.

Le 24 septembre 2008, j'avais mis en ligne un premier simulateur, pour savoir combien on payait sur une carrière et quelle retraite cela donnait. Comme aujourd'hui, j'avais coupé les 40 ans de cotisation en 8 périodes de 5 ans, permettant de moduler les revenus taxés. Vous pouvez y mettre des chiffres plus proches de votre réalité. Et comme aujourd'hui, j'avais exclus la cotisation au régime invalidité-décès (654 € cette année), qui n'a rien à voir avec la retraite.

La principale modification concerne évidemment le régime des praticiens conventionnés, qui a subi un tsunami à la fin de 2008. Je vous rappelle que ce seul régime a vu son rendement divisé par 6 (!). J'ai mis dans mon tableau les cotisations et les prestations que nous aurons à la fin de la période transitoire, avec l'installation d'une énième cotisation, basée sur le bénéfice.

Mon fichier présente deux inconvénients dont je suis conscient :
  • Il ne tient pas compte du fait que les points accumulés avant la réforme valent plus que les nouveaux points. Il est donc plus proche de la réalité pour les débutants, que pour les quincagénaires.
  • Le régime de base comporte deux tranches, que j'ai incluses. Mais la seconde tranche ne commence qu'à partir de 29 427 € de bénéfice. Si vous gagnez moins, il faut supprimer la seconde tranche de la formule. L'idéal serait d'inclure du code VBA dans le tableau, ce que je ne sais pas faire.
Vous trouverez le nouveau simulateur ici :
http://www.megaupload.com/?d=3X90MO85

ou

http://rapidshare.com/files/368398583/retraite2010.xls.html


Deux points forts ressortent de ce nouveau simulateur :
  1. Le rendement de la CARPIMKO a pris un sérieux coup à la fin de 2008. En imaginant une carrière qui commence à 30 000 € de bénéfice et se termine à 50 000 €, le pauvre retraité aura cotisé 184 100 € (au lieu de 168 982 € avant la réforme), pour toucher une pension de 1637 € par mois (au lieu de 1878).
  2. Plus dure est la chute : à présent, le retraité passe à 65 ans de 50 000 € par an à 19 645 €.
Plus que jamais, il faut travailler suffisamment pour être en mesure d'épargner au maximum. Je ne dis pas qu'il faut vivre comme un moine, mais qu'il faut relire la Cigale et la Fourmi ; et surtout éviter de faire l'autruche.

vendredi 19 mars 2010

Etre actionnaire par gros temps




Je vous recommande chaudement de lire la lettre aux investisseurs d'Amiral Gestion, qui parle de manière simple de choses compliquées. Je la lis régulièrement. Elle vient même de recevoir le feu vert de nos amis volatiles, fidèles lecteurs du présent blog (qu'ils en soient remerciés). C'est un gage de qualité, non ?

Ce mois-ci, la lettre explique qu'il faut se montrer pessimiste pour les économies occidentales, mais que ce n'est pas une raison pour ne pas acheter d'actions. L'auteur donne même des pistes concrètes. Ne vous enfuyez pas : c'est réellement facile à lire.

Voici le lien pour trouver toutes les lettres d'Amiral Gestion depuis 2002, y compris la dernière :

http://www.amiralgestion.fr/Presentation/LettreInvestisseur.php

mercredi 17 mars 2010

FCPI et FIP : attention aux frais




Je vous ai déjà parlé des FCPI (fonds communs de placement dans l'innovation) et des FIP (fonds d'investissement de proximité), qui sont entre autres des niches fiscales. Je reçois souvent des publicités qui m'incitent à en acheter des parts. Ils permettent de réduire l'impôt sur le revenu et l'impôt sur la fortune (pour les bienheureux qui le paient). Pour plus de détails sur ces dispositifs a priori attirants, vous pouvez relire mon article du 4/12/2008.

Les Echos ont publié récemment les résultats d'un rapport de l'inspection générale des finances, qui incite à se montrer extrêmement circonspect : l'avantage fiscal serait largement avalé par les frais en tout genre que supportent ces placements.

Comme souvent en défiscalisation, une fois que le client est ferré, il est trop tard. Alors autant savoir avant où on met les pieds. Le but de l'Etat, en vous octroyant des avantages fiscaux, est de vous faire placer votre argent dans des domaines que vous auriez jugés trop risqués sans cela. L'idée est la même avec le dispositif Scellier dans l'immobilier, par exemple : il a été mis en place pour faire revenir les épargnants vers les constructions neuves, au moment où cette filière s'effondrait. Mais rappelons que la défiscalisation ne doit jamais être une fin en soi. C'est une cerise sur le gâteau, qui vient parfois couronner un placement réussi. Si vous perdez l'avantage fiscal en cours de route, vous vous retrouvez juste avec un placement à risque.

Les FCPI et les FIP peuvent-ils être des placements réussis ? En tant que pur Normand, je ne peux répondre que "peut-être", après avoir lu l'article des Echos :

Les fonds communs de placement innovation et les fonds d'investissement de proximité supportent en moyenne des frais égaux à 38% du montant de leur investissement initial révèle un rapport de l'Inspection générale des finances.

"Les produits défiscalisants sont vendus trop cher", constate un rapport de l'Inspection Générale des Finances (IGF) qui a été publié récemment. "Sur une durée de détention de huit ans, le montant total des frais prélevés représente en moyenne 38% de l'investissement initial". La mission a estimé le taux de frais annuel moyen (TFAM) pour un échantillon de 25 fonds dont la période de souscription s'est achevée après le 20 juin 2007 et ouvrant donc droit à la réduction d'ISF prévue par la loi TEPA.

Les frais condamnent la rentabilité

Plus les frais sont élevés, plus la rentabilité doit être élevée pour amortir ces frais. "Ainsi, sans l'avantage fiscal, pour offrir une rentabilité équivalente aux placements sans risque du type obligataire, ces produits devraient afficher un rendement au moins supérieur à 10%", souligne le rapport.
On s'explique ainsi beaucoup mieux pourquoi les FCPI qui sont arrivés à leur échéance n'ont pas délivré des performances plus intéressantes. Sur des durées de 8 à 10 ans, les FCPI dont on connaît le rendement ont servi des gains cumulés sur leur durée totale de 7% à 50%. L'impact des frais de gestion sur le capital de sortie conduit à minorer le rendement. Le rapport donne les exemples suivants :

- Pour un investissement de 10.000 euros, sur l'échantillon de 25 fonds, avec une hypothèse de rendement brut de 1,92% par an sur huit ans, le capital de sortie s'élèverait à 7.434 euros, soit une perte de 2.566 euros. Dans ce scénario, les cinq points de frais de gestion annuels ont ainsi pour conséquence une moins-value pour l'investisseur, car le rendement du fonds n'est pas suffisant pour rémunérer la gestion et dégager une plus-value. - Toujours pour un investissement de 10.000 euros dans un scénario avec un taux de croissance annuel moyen de l'actif de 8,45%, le capital de sortie s'élèverait à 12.387 euros, soit un rendement annuel moyen de 2,7% net des frais hors avantage fiscal.

Les niveaux des frais de distribution sont élevés et ne paraissent pas toujours justifiés. Les rétrocessions récurrentes sur frais de gestion sont importantes "alors que les prestations rendues postérieurement à l'acte de vente sont quasi-inexistantes pour ces produits".

Les holdings subissent aussi des frais prohibitifs

Les holdings anti-ISF seraient-ils mieux lotis ? Non. Le rapport de l'Inspection générale des finances (IGF) indique que des "frais cachés" peuvent exister.
"La transparence des frais prélevés par les holdings ISF PME demeure très insuffisante", note le rapport de l'IGF. Et de poursuivre : "Six holdings sur dix versent une rémunération récurrente au distributeur, en complément de la rémunération d'entrée. Il s'agit systématiquement d'une rétrocession d'une fraction de la commission de gestion récurrente destinée à rémunérer l'équipe de gestion. Elle oscille entre 1% et 1,50% du montant des investissements".

Les remèdes pour réduire les frais

Pour améliorer la régulation des frais de distribution des FCPI, FIP et holdings anti-ISF, plusieurs pistes sont envisageables. Le rapport cite notamment le fait d'imposer une obligation de déclaration auprès du régulateur des rétrocessions revenant à la distribution ou tout simplement interdire les rétrocessions sur frais de gestion en application des dispositions réglementaires transposant la directive MIF.

jeudi 11 mars 2010

La femme est un être prudent...




...mais c'est parce qu'elle n'est pas riche :

(NEWSManagers.com) - Les femmes et les hommes ont une approche très différente lorsqu'il s'agit d'investir sur les marchés. C'est le résultat d'une étude menée par Cortal Consors Allemagne publiée à l'occasion de la journée de la femme. Selon le courtier, les femmes prennent moins de risques que les hommes, et privilégient donc les obligations ou les fonds défensifs. Elles ne sont que 38 % à avoir des actions dans leur portefeuille, contre 50 % pour les hommes. En moyenne, les femmes réalisent donc de meilleurs performances que les hommes en cas de marchés baissiers, alors que les investisseurs masculins performent mieux lors de marchés haussiers.

L'étude cite néanmoins le Deutsches Instituts für Wirtschaftsforschung, qui souligne que les stratégies d'investissement divergentes ne sont pas obligatoirement liées au sexe de l'investisseur mais sont plutôt une résultante de réalités sociolo-économiques. Les hommes disposent en effet de davantage de moyens financiers que les femmes, et sont donc plus enclins à prendre des risques dans leurs placements.

mercredi 10 mars 2010

Dépenses de santé : +4,2%




La semaine dernière, la CNPS a publié les statistiques suivantes, émanant de la CNAM :

Les dépenses maladie du régime général de la Sécurité sociale ont augmenté de 4,2% au cours des douze derniers mois (février 2009-janvier 2010) par rapport aux douze mois précédents, selon la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam). Le rythme de progression était de +4,4% le mois dernier, selon le communiqué de la Cnam, après 4,1%, 4%, et 3,9% les trois mois précédents.

Les remboursements liés à la médecine libérale progressent de 4,0% en janvier 2010 comparé à janvier 2009. Sur les douze derniers mois, la progression est de 3,1%.Les remboursements de soins médicaux et dentaires diminuent légèrement en janvier 2010 (-1,5 %) du fait d'un contexte épidémique très fort au début de l'année 2009. La progression reste très soutenue pour les dépenses de soins infirmiers (+12,5% dont +7% d'évolution du nombre d'actes). C'est également le cas des dépenses pour frais de transports qui progressent de +7,9%.


Avec une telle augmentation et un objectif de dépenses à 3%, nos lettres-clés ne sont pas près d'augmenter (voir mon article du 2/02/09 pour comprendre pourquoi).