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vendredi 26 février 2010

Taxe pro : 10 mois de sursis





Le quotidien économique Les Echos a mis un ligne mardi un article qui nous concernait :


Comme vous le voyez, nous avons un répit de 10 mois sur le remplacement de la taxe professionnelle. Malheureusement, les cocoricos que nous avons lus en janvier (voir par exemple ici) n'auront rien de définitif. C'était prévisible.

jeudi 18 février 2010

Vive le risque - 3




Celui qui décide de placer une partie de son argent sur des valeurs mobilières a plusieurs supports possibles. Il y en a trois principaux, avec des fiscalités différentes : le compte titres classique, le PEA et l'assurance-vie.

  1. Le compte titre : il peut être ouvert dans une banque ou dans un établissement à bas prix comme Fortuneo ou Boursorama. C'est la formule la plus ouverte : on peut tout y acheter, sans se limiter à l'Europe ou à une sélection de SICAV. Mais c'est aussi la solution la plus taxée. Si vous vendez cette année moins de 25830 € d'actions, vos gains ne subiront que les prélèvements sociaux de 12,1%. Dès que vous franchirez le seuil fatidique, elles feront aussi l'objet d'un impôt de 18% dès le 1er euro (donc 30,1 %). Notez tout de même que les gains effectués sur des actions conservées 8 ans sont exonérés des 18% d'impôt. Les dividendes d'actions (partie du bénéfice de l'entreprise redistribué à ses actionnaires), eux, font l'objet d'un calcul complexe que vous trouverez ici.
  2. Le PEA : c'est un petit paradis fiscal, puisque les plus-values et les dividendes n'y subissent que les prélèvements sociaux de 12,1%. Mais on ne peut y mettre que des valeurs de l'Union Européenne, de l'Islande et de la Norvège et on ne peut effectuer aucun retrait pendant 5 ans. Tout retrait entre 5 et 8 ans entraîne la clôture du plan. Tout retrait après 8 ans empêche d'y remettre de l'argent. Enfin, on ne peut y verser plus de 132000 euros. Mais chaque époux peut en ouvrir un, ce qui laisse tout de même de quoi voir venir.
  3. L'assurance-vie : là, le choix de supports d'investissements s'avère bien plus restreint, puisqu'on n'a accès qu'à des SICAV ou des FCP, éventuellement à des parts de SCI et de SCPI et bien sûr au fonds en euros, mais pas aux actions ou obligations d'entreprises précises. Mais on trouve maintenant des assurances-vie proposant un vaste choix de fonds. Citons par exemple Mes Placements Vie. Notez aussi que la plupart des contrats proposent de déléguer la gestion, ce qui permet de ne pas gérer soi-même au quotidien, moyennant finances bien sûr. Concernant la fiscalité très avantageuse après 8 ans, je vous laisse relire ma série d'articles sur l'assurance-vie, qui commençait ici.
En fait, je pense qu'il faut avoir les 3 solutions. La première est idéale pour être libre d'acheter ce qu'on veut et pour pouvoir effectuer des retraits à tout moment. Les deux autres doivent être ouvertes pour bénéficier de leurs avantages fiscaux. Il faut d'ailleurs le faire n'importe quand, même si on n'a pas d'argent à y placer : cela fait tourner le compteur fiscal de 8 ans.

Maintenant, que mettre dans ces 3 enveloppes ? Il faut déjà savoir si vous êtes prêt à gérer vous-même une liste de titres vifs (actions ou obligations de telle ou telle entreprise), ou si vous préférez acheter des OPCVM comme les SICAV ou les fonds communs de placement, qui sont des paquets d'actions et d'obligations gérées par des professionnels. Le premier choix vous est interdit en assurance-vie, comme je le disais plus haut. D'autre part, les gestionnaires de fonds sont des professionnels, a priori plus avisés que l'investisseur lambda. Enfin, pour investir sur les pays lointains, mieux vaut utiliser les OPCVM qu'acheter l'action d'une entreprise inconnue.

Ensuite, comment gérer l'allocation des titres ? Il faut respecter deux principes :
  1. Répartir les risques sur le plan géographique et concernant les types d'activités.
  2. Principe énoncé récemment par un expert que nos amis volatiles vénèrent : il faut avoir un socle de fonds paisibles, qui traversent bien les crises et qu'on garde très longtemps ; et à côté il faut gérer des fonds qui réagissent au contexte du moment. C'est aussi faisable avec des titres vifs : on peut avoir des actions d'entreprises peu cycliques, qui progressent régulièrement ou qui versent de gros dividendes à leurs associés ; et à côté, tenter de saisir l'air du temps. Des revues comme Investir sont là pour nous conseiller.

mercredi 10 février 2010

Vive le risque - 2




J'ai expliqué dans mon dernier post tout le danger qu'il y avait à de prendre aucun risque quant à son avenir, en se bornant principalement à de l'assurance-vie sur des fonds en euros ; surtout quand on a la vie devant soi. J'ai conclu en vous parlant des deux jambes sur lesquelles nous devions nous appuyer pour avancer : l'immobilier et les valeurs mobilières (actions, obligations, matières premières).

J'ai souvent parlé ici des solutions diverses qui concernent l'immobilier, en insistant sur les méconnues SCPI et sur la location meublée, niche fiscale intéressante. Je vous laisse vous reporter aux articles déjà que j'ai déjà écrits sur ce sujet, pour me concentrer aujourd'hui sur la seconde jambe.

Vous avez sûrement lu que sur le très long terme, les actions offraient le meilleur rendement. C'est la vérité, malgré les 10 dernières années. Les deux krachs que nous avons vécus durant cette période ont de quoi refroidir les ardeurs. Ajoutons le rôle négatif attribué en permanence aux actionnaires dans les médias, et nous obtenons une aversion particulière des Français envers ce type de placement.

Pourtant, regardons les choses froidement, il y a quelques cartes à jouer à l'heure actuelle :
  • L'économie mondiale est en pleine évolution, avec des zones de croissance spectaculaire (Asie, Brésil).
  • Nous avons maintenant la possibilité d'investir dans ces zones, grâce à des fonds spécialisés (SICAV, FCP, trackers).
  • Certaines de nos entreprises de la bourse de Paris sont très tournées vers ces zones, donc leur cours progresse en même temps que le chiffre d'affaire qu'elles y réalisent.
  • Nous sortons d'un krach impressionnant. Il est raisonnable d'espérer que les années à venir verront les marchés boursiers progresser, quand la crise sera complètement derrière nous. On pourra considérer la crise comme finie quand le chômage aura baissé, ce qui soutiendra la consommation et donc la croissance des pays développés. La hausse de 2009 a été due en grande partie à un redressement des bénéfices des entreprise par compression de leurs dépenses, mais il faut maintenant des hausses de chiffre d'affaires.
  • Pour revenir aux pays émergents, leur développement exerce une pression sur les cours des matières premières (ex : pétrole, métaux, cacao). Nous avons aussi des outils financiers accessibles à tous, permettant d'investir sur ces actifs risqués.
  • Ceux qui craignent les actions ont aussi accès au monde des obligations (sorte de prêt qu'on accorde à une entreprise ou un Etat), moins risquées mais moins rentables à long terme. Je vous invite d'ailleurs à lire cet article très instructif sur la répartition entre actions et obligations : http://www.orientationfinance.com/accueil/detail.asp?IdC=64&IdD=3969
Je ne dis pas qu'il faut impérativement acheter des valeurs mobilières : on peut comprendre que les krachs successifs ou la stagnation du Japon donnent des sueurs froides. Mais à coup sûr, celui qui ne le fait pas, aura les meilleures chances de placer son argent sur des rendements faibles. Bien sûr, un tiens vaut mieux que deux tu l'auras. Néanmoins, saviez-vous que la CARPIMKO, notre sacro-sainte retraite par répartition, place une partie votre argent en bourse ? Cela donne à réfléchir, non ?

Le prochain article donnera des pistes concrètes pour se lancer.

mercredi 3 février 2010

Vive le risque !




Cette année, comme l'an dernier les placements préférés des Français vont encore perdre une peu plus d'attrait. Leur schéma classique est le suivant :
  1. livret A, LDD
  2. assurance-vie sur fonds en euros
  3. immobilier : résidence principale et éventuellement un appartement bénéficiant d'une loi défiscalisante.

La plupart des Français, y compris des Français paramédicaux, optent pour ce schéma qui dénote une énorme aversion face au risque. Nous détestons l'idée de perdre une partie de l'argent que nous avons durement gagné. Même les plus jeunes de nos collègues se tournent vers le programme en trois points ci-dessus, alors qu'ils ont le temps (40 à 45 ans devant eux) de mettre en place des solutions plus imaginatives.

La seconde raison qui pousse les gens à ne pas prendre de risque est aussi liée à l'énorme dévalorisation de l'image de l'actionnaire, dans notre pays. Il est vu comme un être malfaisant, prêt à cautionner tous les licenciements et grand amateur de délocalisation. Il est l'ennemi des salariés, donc l'ennemi du peuple.

Pourtant, il est facile d'attaquer le plan en 3 points de Monsieur Tout le Monde :
  1. Les livrets bancaires ne rapportent plus rien, au moins jusqu'à ce que l'inflation revienne ou que les taux d'intérêt remontent. A 1,25%, le livret A et le LDD protègent encore parfaitement de l'inflation, grâce au coup de pouce du gouvernement qui a été maintenu avant-hier. C'est déjà une bonne chose, mais ce n'est pas de l'épargne, c'est de la préservation, juste bonne pour les liquidités.
  2. L'assurance-vie sur les fonds en euros est toujours sans risque pour l'instant, mais son rendement ne cesse de chuter depuis des années. Certains contrats, comme le RES de la MACSF avec 4,55% en 2009, font encore illusion en puisant dans leurs réserves de bénéfices passés. Mais la moyenne des contrats est maintenant en-dessous de 4%. Certains anciens contrats bancaires frôles même la barre des 3% : les banques adorent les nouveaux clients, au détriment des anciens qui leur ont fait confiance mais qui sont prisonniers pour au moins 8 ans grâce aux lois fiscales. Mais rappelons qu'à 3%, un retraité a besoin d'avoir amassé un capital de 800 000 euros pour obtenir un complément de retraite de 2000 euros par mois ! Ce calcul est simple à faire, mais ce placement reste pourtant un des préférés des Français. Les collègues qui se limitent à cela, par peur du risque, lient leur destin à la survie éventuelle de la CARPIMKO et à l'obole qu'elle voudra bien leur verser à 70 ans.
  3. L'immobilier n'est pas sans risque, mais il est vu comme quelque chose de concret, un peu comme une pièce d'or Napoléon que les gens préfèrent à une part de SICAV indexée sur le cours de l'once d'or. Il est vrai que l'immobilier fluctue moins que la bourse et qu'on imagine mal un appartement devenir un penny-stock. Mais il peut être invendable : on passe tous les jours devant des panneaux "A VENDRE" qui sont là depuis un an. En outre, une fois que l'on possède sa résidence principale et son cabinet, on entre dans l'inconnu, puisque le rendement des autres placements immobiliers est lié à la bonne volonté du locataire (risque plus faible en SCPI grâce à la mutualisation), quoi qu'en disent tous les vendeurs de défiscalisation qui vous présentent des garanties sans vous parler des petites lignes. Enfin, comme je l'ai déjà expliqué, la défiscalisation promise sur les biens neufs est souvent incluse dans le prix d'achat et/ou réintégrée au moment de la revente avec une grosse moins-value.
On voit donc que les solutions 1 et 2 sont actuellement une impasse et que la solution 3 n'est pas aussi dénuée de risque que certains le pensent. J'en tire deux conclusions logiques :
  1. Il faut accepter une certaine dose de risque. Le plus grand risque, à long terme, est de ne prendre aucun risque.
  2. Tant qu'à prendre des risques, il ne faut pas tout mettre dans l'immobilier, malgré son côté tangible, la défiscalisation souvent illusoire et l'énorme attrait de l'effet de levier dû au crédit bancaire.
Il faut donc marcher sur deux jambes : une pour l'immobilier, une pour les valeurs mobilières (actions, obligations, matières premières).

A suivre...