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lundi 31 mai 2010

Bienvenue dans mon bunker




Je livre à votre sagacité l'éditorial de Christian Micheaud, paru aujourd'hui sur le site www.pierrepapier.fr. Bien entendu, les esprits chagrins diront qu'il prêche pour sa chapelle. Mais autant lire avant de juger.

"Sans parler de l'immobilier comme d'un « bunker antimondialisation », pour reprendre l'expression d'Emmanuel Todd lors du dernier colloque de l'Institut de l'Epargne Immobilière et Foncière, on peut se demander si, dans les années à venir, le meilleur allié de la pierre ne sera pas... la peur ! La peur de l'incertitude économique, de la volatilité boursière qu'elle engendre et, plus encore, de l'inflation.

L'immobilier est un refuge contre l'inflation, dit la doxa, ne serait-ce que parce que les loyers sont indexés sur les prix. C'est vrai, à condition toutefois que la vacance ne détériore pas les recettes locatives. Et c'est bien là tout l'intérêt de la pierre papier ! Elle permet à l'épargnant d'investir dans un patrimoine diversifié : une multitude d'immeubles répartis sur différents secteurs géographiques et occupés par un grand nombre de locataires aux activités économiques multiples.

Quant à savoir s'il y aura ou non une poussée inflationniste dans les années à venir, les économistes se disputent âprement sur le sujet. Plutôt que d'obliger les épargnants à prendre parti, le meilleur service à leur rendre est de leur proposer se protéger de ce risque. La crainte d'une hausse des prix est désormais suffisamment répandue, auprès des petits épargnants comme chez les grands investisseurs, pour que l'on soit en droit d'exiger des gérants une performance nette d'inflation.


C'est ici que l'immobilier a un rôle à jouer. Quel meilleur « actif réel » que la pierre pour procurer une performance nette d'inflation ? Certains fonds de pension, comme le Government Pension Fund Global Norvégien mais aussi, dans une moindre mesure, le Fonds de Réserve des Retraites français, ont annoncé qu'ils allaient augmenter leur exposition à l'immobilier. Il n'est pas déraisonnable d'envisager que les épargnants fassent de même. Dans un monde inquiet sur les valeurs futures, la pierre-papier dispose de formidables atouts pour s'imposer.
"

jeudi 27 mai 2010

Spéculer sans le savoir



Vous aurez peut-être reconnu le sémillant George Soros, un des spéculateurs les plus célèbres du monde.

Dans mon billet du 2 avril dernier, j'avais parlé des fonds en euros des assurances-vie, dont les Français sont si friands, en disant qu'ils n'étaient pas aussi sécurisés qu'ils en avaient l'air. Voici une nouvelle newsletter qui enfonce le clou :

http://www.media-sante.com/pdf/patrimoine/SP819.pdf

Frédéric Segoura y démontre de manière simple et claire que l'épargnant qui déteste le risque peut se transformer en spéculateur (la lie de la société pour les médias de 2010) sans le savoir ! Heureusement, pour placer sans risque, il reste le livret A et le coffre-fort dans le mur ;-)

Merci à la personne anonyme qui m'a donné ce lien.

mardi 25 mai 2010

Revalorisations : rêve ou utopie ?




Dans mon billet du 2 février 2009, j'avais expliqué comment les revalorisations de tarifs des professionnels de santé libéraux étaient soumises au respect de l'objectif national des dépenses d'assurance maladie (ONDAM).

A l'issue de la seconde conférence sur les déficits du pays, le Président de la République a annoncé deux mesures qui vont compliquer encore un peu plus la mise en place de revalorisations, même si elles sont négociées en amont :
  • L'ONDAM est à +3 % cette année et sera à +2,9 % l'an prochain, puis +2,8 % en 2012. A l'heure actuelle, le rythme réel est à +4 %, selon le Quotidien du Médecin, sans "aucune chance de s'infléchir". A l'origine, il était question de placer l'ONDAM à +2 % tout ronds.
  • Le comité d'alerte donnera son avis le 15 avril au lieu du 1er juin de chaque année. L'alerte sera déclenchée à partir d'un dérapage de 0,5 %, au lieu de 0,75 % actuellement. Si cette mesure avait déjà existé depuis 13 ans, une alerte aurait été déclenchée quasiment tous les ans, assorties de tours de vis. Le Quotidien du Médecin parle de baisses de tarifs et / ou des taux de remboursement. C'est encore pire que le gel que nous subissons depuis des années. A l'heure où j'écris ces lignes, personne ne dit si cette nouvelle annonce remet en cause la future consultation médicale à 23 €, que certains médecins appliquent d'ores et déjà.
Tout cela s'avère peu réjouissant. Avant de crier avec la meute, on peut néanmoins se demander s'il existe une alternative crédible à cette politique. Le discours démagogique qui consiste à "faire payer les riches" n'est que de l'écume médiatique digne du regretté Georges Marchais. D'ailleurs, l'ONDAM, créé par les ordonnances Juppé en 1996, n'a jamais été remis en cause par les gouvernements suivants, quelle que soit leur tendance politique.

vendredi 21 mai 2010

Bientôt des collaborateurs salariés ?




Le Président de la République a déjeuné aujourd'hui avec 12 professionnels de santé libéraux : 10 médecins et 2 infirmières. Cela se passait à Bouglon, dans le Lot et Garonne.

D'après ce qu'en dit le Quotidien du Médecin, Nicolas Sarkozy prévoit des "mesures générales portant sur l'exercice libéral" qui seront annoncées à la fin de l'année. Le Docteur Elisabeth Hubert, ancienne et très éphémère ministre de la Santé d'Alain Juppé, est déjà chargée d'une mission sur ce plan.

Parmi les mesures envisagées, un des médecins présents dit que le Président a parlé des bourses pour les étudiants, du développement des maisons et pôles de santé, mais aussi de la possibilité de développer le contrat de collaborateur salarié.

lundi 17 mai 2010

Immobilier en direct : méfiance




Vous avez sous les yeux un superbe appui de fenêtre, duquel je viens d'ôter un misérable bout de moquette qui cachait la misère. Il y a deux ans, lors de l'entrée du locataire dans les lieux, il était blanc comme la neige. Il l'était depuis la rénovation totale du logement, en 2003. Tout le reste de la maison est à l'avenant, défoncé et barbouillé avec la couleur sombre que vous voyez sur le bas de la photo. Le locataire, mauvais payeur mais bon casseur, s'est enfui avec sa famille à 700 km. La CAF de Nancy lui a ouvert un nouveau dossier vierge, alors que je sais que je suis au minimum sa seconde victime. Pour amortir ce choc, je vais devoir annuler des dépenses professionnelles et privées, puis renoncer à quelques semaines de congés et passer tous mes week-ends dans cette accueillante demeure.

La gendarmerie est passée samedi pour vérifier si les objets laissés dans la maison et dans le jardin étaient volés. Mais d'après eux, les faits ne relèvent pas du pénal. Le locataire, qui a organisé son insolvabilité, ne risque qu'une contravention. Tout est bien qui finit bien : il peut s'en prendre à sa nouvelle proie en Lorraine qui ne se doute encore de rien.

Ce message, dont la teneur personnelle n'est pas habituelle ici, apporte de l'eau au moulin de nos amis Pigeons : quand on fait de l'immobilier hors SCPI, le meilleur locataire, c'est soi-même. Sinon, on se met à la merci de margoulins protégés par le système.

jeudi 6 mai 2010

La FNO est désabusée






Comme le rappelle le CNPS ce matin, "le gouvernement a dévoilé les décrets régissant le futur développement professionnel continu (DPC), en application de la loi « Hôpital, patients, santé, territoires ». Le DPC doit se substituer, à partir du 1er janvier 2012, à la formation continue et à l’évaluation des pratiques professionnelles."

Les syndicats se sentent complètement dépossédés de la formation continue. Dans le cas des orthophonistes, on peut reconnaître un énorme mérite à la FNO et à la FOF pour ce qu'elles ont fait dans ce domaine, depuis leur création. Mais le mise en place du DPC était dans les gènes de la loi Bachelot, dont j'ai parlé ici plusieurs fois (voir notamment le billet du 20 mars 2009).

Vous trouverez un communiqué complet de la FNO ici :

http://www.orthophonistes.fr/upload/040520101807com_HCPP_030510.pdf

Vous le constaterez, la FNO se sent complètement démunie. Elle reconnaît en filigrane qu'elle n'a plus de prise sur les événements, puisque l'Etat lui ôte ses prérogatives une à une (en l'occurrence formation continue et reconnaissance des diplômes étrangers). Elle termine même son communiqué en maniant une ironie qui montre à quel point elle est désabusée. Malgré sa forte représentativité, elle peut difficilement faire pression sur l'Etat pour contrer l'évolution en cours : les leviers lui manquent. Seuls les médecins savent encore se faire entendre parfois. Ils sont d'ailleurs si sûrs d'eux-mêmes que certains d'entre eux facturent déjà 23 € pour une consultation de généraliste, en notant 22 € sur la feuille de soins (vécu hier matin). Mais sur la formation, ils sont aussi démunis que les paramédicaux, comme le montre le communiqué de la CSMF qui ne peut que dénoncer :

http://www.csmf.org/index.php?option=com_content&task=view&id=901&Itemid=541


Celui du SML :

http://www.lesml.org/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&cntnt01articleid=183&cntnt01origid=156&cntnt01dateformat=%25d%2F%25m%2F%25Y&cntnt01returnid=64

Mais pour en revenir au communiqué la FNO, voyons les choses du bon côté : tous les camarades syndiqués qui mettaient tant de temps et de bonne volonté à échafauder des formations de qualité vont retrouver du temps libre.

lundi 3 mai 2010

Serions-nous victimes d'un écran de fumée ?




Voici un édito de Jacques Attali, paru ce matin sur son site :

http://www.attali.com/ecrits/articles/macro-economie/agissez


Comme vous le constaterez, cela tranche singulièrement avec l'optimisme ambiant que l'on entend depuis quelques jours : les décisions européennes majeures que l'on nous décrit seraient en fait un vaste écran de fumée. Jacques Attali tente toujours d'avoir un point de vue original et visionnaire sur toute chose. En l'occurrence, ce qu'il écrit mérite vraiment d'être lu, à mon humble avis : cela concerne tous les Européens, y compris les paramédicaux que nous sommes.

"Pendant que les dirigeants européens s’éparpillaient, les uns dans des débats électoraux pathétiquement futiles, les autres dans des voyages sans urgence chez le nouveau maitre chinois, les marchés, (à qui nous avons tous été bien contents d’avoir recours, pendant des années, pour leur emprunter de quoi maintenir un train de vie que notre travail ne justifiait plus) ont commencé à nous demander des comptes.


Personne n’était là pour leur répondre : Comment a-t-on osé ne rien faire, alors qu’on s’était empressé de sauver notre système financier? L’Europe est-elle, pour les Européens, moins importante que ses banques ?

Il aura fallu qu’on approche de la catastrophe, en Grèce, pour qu’on prenne, dimanche dernier, quelques semblants de décisions, échangeant une aide de l’Union européenne et du FMI contre des économies budgétaires hellènes. Des décisions inapplicables : Jamais les Grecs, en effet, ne mettront en œuvre un programme d’austérité aussi sévère que celui qu’on prétend leur imposer. Cela tombe bien : jamais les autres Européens n’ont eu l’intention de leur verser l’argent qu’ils leur promettent aujourd’hui : chacun des gouvernements de l’Union, en effet, comme chacun d’entre nous, sentant que le pire s’annonce, préfèrera garder pour lui-même le peu d’argent qu’il a (ou qu’il pense pouvoir encore emprunter).

La solution ne consiste donc pas à prêter à la Grèce un argent qu’on n’a pas, en s’endettant d’avantage : la Grèce devrait-elle demain prêter au Portugal, l’argent que la France lui prêterait aujourd’hui ? Absurde !

Les Européens semblent ne pas réaliser que les Américains comme les Chinois se préparent, eux, à sortir de la crise par une combinaison d’investissements, de dévaluation, d’inflation et d’économie de guerre, dont nous serons les principales victimes. Ils ne réalisent pas que ces deux principaux acteurs du monde se sont donné une gouvernance efficace : Les Chinois ont donné tout pouvoir à un parti ; les Américains ont confié l’essentiel des manettes à leur Banque Centrale : Mr. Hu Jin Tao et Mr Bernanke sont, aujourd’hui, les deux vrais maitres du monde.

L’Europe ne peut pas faire de même : personne n’y accepterait, et c’est heureux, une dictature du prolétariat ou, encore moins, de Jean Claude Trichet.

Si l’on veut pourtant éviter le désastre, nous avons besoin de voir les chefs d’Etat de nos pays se réunir demain, après demain, sans fin, comme ce fut le cas en 2008 sous présidence française, pour agir et se doter d’une capacité d’emprunt en bons du trésor européens, qui trouveraient immédiatement preneurs, et qui suffiraient à mettre fin à cette crise, en donnant le temps d’agir sur l’essentiel, c’est-à-dire le désordre des dépenses publiques, l’absence de coordination fiscale et de réglementation bancaire.

C’est possible. Il suffirait de décider, dès demain, de la création d’un Agence Européenne du Trésor, immédiatement autorisée à emprunter au nom de l’Union, et d’un Fond Budgétaire Européen, immédiatement mandaté pour contrôler les dépenses budgétaires des pays dont la dette dépasse les 80% du PIB.

Si les dirigeants européens n’agissent pas en ce sens au plus vite, ils seront emportés par l’avalanche. Et nous, pour un moment, avec eux."