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mercredi 30 janvier 2013

La CARPIMKO se rebiffe


Un film à suspense se déroule sans grand public dans le microcosme des caisses de retraite. Au premier plan (ci-dessus) et dans le premier rôle, on trouve Pascal Leblanc, infirmier, syndicaliste FNI et président de notre chère CARPIMKO. Vous recevez ses éditoriaux, généralement enflammés, dans les bulletins de la caisse.

Vous vous souvenez peut-être qu'en octobre, la CARPIMKO s'était insurgée contre la énième hausse sidérante de notre cotisation au régime de base. Cette mesure avait été votée par la CNAVPL, caisse de retraite des professions libérales dont dépend la CARPIMKO. J'en avais parlé ici :

http://orthophonie-et-patrimoine.blogspot.fr/2012/10/carpimko-17-sans-nouveaux-droits.html

Cette affaire avait donc été rendue publique. D'après le site Objectif Kiné, certains représentants des autres professions libérales (médecins, pharmaciens, vétérinaires, notaires et experts-comptables) n'ont pas supporté cette médiatisation. Ils ont mis Pascal Leblanc au banc des accusés et lui ont demandé de démissionner discrètement de son poste à la CNAVPL. Pour mieux l'éjecter, ils ont menacé de ne pas voter les budgets techniques le 13 décembre, ce qui aurait bloqué le fonctionnement de la CNAVPL et aurait abouti à la nomination en urgence d'un administrateur de l'Etat. L'autonomie relative de la CNAVPL, chère à ses administrateurs, aurait disparu.

Pascal Leblanc a donc obtempéré. Il a déclaré dans Kiné Actualité qu'il avait pris une décision "sage et équitable". Quelques jours plus tard, le conseil d'administration de la CARPIMKO a décidé d'entamer des démarches visant à quitter la CNAVPL ! Reste à savoir s'il s'agit d'esbroufe ou d'une réelle possibilité. Ensuite, il faudra aussi connaître les conséquences : réduction de nos cotisations au régime de base ? Augmentation des retraites des anciens paramédicaux ? Statu quo ?

Rien ne filtre sur ces points : la CARPIMKO et la CNAVPL restent aussi muettes qu'un général français au Mali. Vous pouvez lire la page "actualités" de leurs sites, vous aurez l'impression de lire les dépêches de l'agence Chine Nouvelle au moment du printemps de Pékin. Rien non plus sur le site ou les groupes Facebook de la FNO, comme si c'était un non-événement. Notre retrait éventuel de la CNAVPL aurait pourtant des conséquences non négligeables, peut-être même plus importantes pour les orthophonistes libéraux que l'obtention du master qui focalise toute l'attention depuis vendredi.

mardi 29 janvier 2013

Les fonds euro-pierre



J'ai souvent parlé ici d'assurance-vie, puisque devant les faiblesses de la CARPIMKO, nous sommes contraints d'envisager la retraite par capitalisation.

Pour bien des gens, assurance-vie = fonds en euros, plus sûrs que les fonds en actions ou en obligations. Malheureusement, le rendement des fonds en euros fond comme neige au soleil : il se place maintenant à 2,8% en moyenne. Quand on voit ce que les fonds en francs rapportaient dans les années 90, on pleure. Certains atteignaient 10% par an ! Et pourtant, l'inflation n'était pas démentielle.

A 2,8%, nous restons au-dessus de l'inflation et du livret A. C'est heureux. Mais de là à constituer un capital suffisant pour obtenir une retraite décente, il y a une marge. Alors que faire ? Placer des fonds en actions dans son assurance-vie ? Comme je l'ai écrit ici récemment, beaucoup d'opérateurs pensent que 2013 sera une bonne année en bourse. Mais bon nombre d'épargnants ne veulent plus entendre parler des actions après les krachs de 2001 et 2008. En outre, les médias leur ont mis dans la tête que c'était un placement immoral. On peut aussi ajouter que le consensus général se trompe souvent et que la hausse de 2013 n'est pas certaine.

Partant de ce constat, les financiers, qui ne sont jamais à court d'idées, ont inventé une forme hybride de fonds en euros qui s'appuie sur le rendement de l'immobilier d'entreprise, meilleur que celui des logements. Ils investissent donc dans des SCPI, des OPCI et des SCI. L'un de ces fonds a rapporté 4,15% l'an dernier.

Gageons qu'une dose d'immobilier effraiera moins les épargnants que l'épouvantail boursier. Espérons simplement que la santé économique du pays permettra à l'immobilier d'entreprise de rester aussi rentable qu'actuellement. On nous annonce une renaissance économique des pays du sud de l'Europe, mais nous sommes loin d'avoir subi les mêmes réformes drastiques qu'eux.


Pour plus de détails, cliquez ici.

vendredi 11 janvier 2013

Bourse : retour de l'optimisme ?




D'après ce que je lis, écoute et regarde depuis quelques semaines, l'épargne ne sera pas à la fête cette année, comme le reste de l'économie :
  • Le livret A devrait baisser le 1er février. Tous les livrets sont en berne, hors promotion limitée dans le temps.
  • Les SICAV monétaires, si attirantes il y a 20 ans, sont inutiles depuis plusieurs années.
  • L'or se calme.
  • Les obligations ne sont plus ce qu'elles étaient il y a quelques mois.
  • L'immobilier est soit grippé par des vendeurs qui se croient en 2006, soit en plongée (notamment dans nos belles provinces). De toute manière les banques n'osent plus prêter.
Dans ce contexte, que reste-t-il ? la bourse, bien sûr, pour le rendement de certaines actions et pour les perspectives de hausse générale. On pourrait penser qu'investir dans les entreprises serait très risqué, en pleine crise. Mais décentrons-nous de notre situation franco-française et lisons ce texte, par exemple :

http://www.atlantico.fr/decryptage/apres-5-ans-crise-actions-sont-elles-toujours-piege-eviter-michel-garibal-602647.html

La revue Investir joue aussi la même musique. Attention tout de même à deux choses, outre le risque intrinsèque de ce type de placement :
  • Il se pourrait que la situation exceptionnellement (artificiellement ?) favorable aux actions se retourne subitement. Certains prédisent déjà une explosion de bulle boursière à moyen terme et un effondrement économique dû à l'actuel quantitative easing forcené. Il faudra donc surveiller tout cela de près, ce qui n'est pas un problème, tant c'est intéressant pour comprendre le système dans lequel nous vivons.
  •  L'actionnaire étant par définition un méchant profiteur, le gouvernement a énormément alourdi la fiscalité des plus-values et des dividendes. Mais on peut encore protéger ses gains dans un PEA (avec des actions européennes) ou une assurance-vie (avec des SICAV ou FCP en tous genres). J'avais expliqué ces choses-là en 2010 : http://orthophonie-et-patrimoine.blogspot.fr/2010/02/vive-le-risque-3.html

jeudi 10 janvier 2013

Simulez !



Malheureusement, ce blog n'est pas encore une annexe de l'excellent Joueur du Grenier.

Mais j'ai un nouveau tableau à vous proposer : appelons-le "LOAN SIMULATOR", pour suivre la mode des simulateurs allemands grandiloquents. Ce tableau Excel, fabriqué par c.m, membre éminente d'Orthogestion, vous rendra forcément service un jour. Il propose 3 possibilités :

1) Calculer ce qu'on rembourse avec un emprunt donné
2) Calculer ce qu'on peut emprunter avec une mensualité donnée
3) Ce que rapporte un placement

Vous le trouverez ici :

http://dl.free.fr/getfile.pl?file=/wUxSZqaq

EDIT : J'y ai ajouté une feuille qui donne un tableau d'amortissement, pour connaître les masses d'intérêts payées et le capital restant dû à une date précise. Je la publie avec l'accord de Cécile, à l'adresse suivante :

http://dl.free.fr/vJwC5I3vb

mardi 8 janvier 2013

Renégocier son crédit immobilier



Le mois dernier, les taux des prêts immobiliers sont descendus à 3,23% de moyenne, selon l'observatoire Crédit Logement / CSA. C'est le niveau le plus bas depuis 1945 ! Le plancher de 2010 est enfoncé. Les médias ont d'ailleurs largement relayé cette nouvelle, qui peut paraître excellente mais qui reflète l'intensité de la crise. A quelque chose malheur est bon...

Le nombre de crédits accordés ne profite pas de ces conditions paradisiaques : les banques persistent à ne pas faire confiance à leurs clients. La durée moyenne des prêts baisse aussi (17 ans et 4 mois), ce qui est un autre signe de frilosité.

Malgré tout, certains pourront peut-être profiter de ces temps exceptionnels pour renégocier leur(s) prêt(s) immobilier(s). Avec un taux plus bas, ils pourront abaisser la mensualité ou raccourcir la durée de l'emprunt. C'est aussi l'idée de Mieux Vivre Votre Argent, qui vient de publier un dossier intéressant et simple d'accès sur ce sujet (cliquez ici). A lire d'urgence, avant que ça remonte !

Vous trouverez ici un simulateur de rachat :
 http://www.cyberpret.com/rachat-pret-immobilier.html#mark1

(merci à Ortholuz d'Orthogestion)

vendredi 4 janvier 2013

La loi Duflot






Depuis un quart de siècle, la France n'a pas cessé de mettre en place des lois défiscalisantes pour tenter de stimuler le bâtiment. Chaque dispositif fut éphémère. Nous sommes arrivés à une longue liste de personnalités de droite et de gauche, qui rend risible la lecture de la déclaration 2044 :

- loi Méhaignerie
- loi Méhaignerie-Quilès
- loi Périssol
- loi Besson
- loi Robien
- loi Borloo
- loi Scellier
- loi Duflot

Qui eût cru que l'ancienne patronne des Verts aurait accolé son nom avec une loi destinée à faire couler le béton ?

J'ai déjà expliqué le principe de la loi Scellier dans une série de posts qui commençait ici. L'esprit de la loi Duflot reste proche. Voici la liste des changements :
  • La réduction d'impôt passe à 18% du prix d'achat, dans la limite de 300 000 euros et de 5500 euros par mètre carré. 
  • Les logements éligibles ne se trouveront qu'en Ile de France et dans les grandes agglomérations (zones A et B1).
  • Le loyer devra être de 20% inférieur aux prix du marché.
  • Le revenu du locataire devra être plus bas que celui de la loi Scellier, pour exclure les gens aisés.
Bien entendu, on ne devrait pas tarder à voir éclore des SCPI Duflot, avec les avantages et les inconvénients habituels des SCPI défiscalisantes.

Pour plus de détails chiffrés, je vous conseille cette saine lecture.

Je reste tout de même mitigé sur l'intérêt de ce type de placement défiscalisant, comme je l'expliquais ici.

jeudi 3 janvier 2013

Et avec ça, qu'est-ce que je vous mets ?

Je commencerai l'année traditionnellement, en vous souhaitant toute la réussite privée et professionnelle que vous méritez.

L'URSSAF, elle, a tenu à nous souhaiter une mauvaise année 2013 en nous envoyant sa notification où la CFP augmente de 72% !?!
Rappelons que l'inflation tourne autour de 2%... Pour mémoire, j'avais expliqué ce qu'était la CFP dans ce post. L'Etat justifie cette augmentation sidérante en disant que cela rapproche notre cotisation de celle des artisans (voir ici). Le raisonnement est intéressant : dès qu'on trouve quelqu'un qui est plus taxé que soi, il est logique de s'aligner sur lui. Chacun devrait donc payer les mêmes impôts que Mme Bettencourt.

Ce petit coup de massue suit ceux de la CARPIMKO : quasi-destruction du régime des praticiens conventionnés en 2008, augmentation silencieuse mais énorme de la cotisation du régime complémentaire, augmentation non moins énorme de celle du régime de base (voir ici).

Ajoutons l'invention de la cotisation pour financer les URPS, l'an dernier, ou encore la réforme du quotient familial qui s'en prend aux enfants des classes moyennes. En attendant l'éventuelle fusion de la CSG et de l'impôt sur le revenu, qui revient dans le débat au sein de la majorité.

Haut les coeurs ! Si tout ceci permet au système de survivre et surtout de s'améliorer, nous pourrons être fiers d'y avoir contribué, même à l'insu de notre plein gré.