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mercredi 26 août 2015

Faut-il des professionnels de santé partout ?



Le Centre National des Professions libérales de Santé (CNPS) tiendra sa journée de rentrée le 2 octobre à Paris en présence de notre ministre, Mme Touraine. Les inscriptions sont libres :

Thème de la journée, particulièrement intéressant en ces temps de désertification médicale : "Démographie des libéraux de santé : quelles évolutions à l'horizon 2025 ?"

Vous trouverez ici le programme complet :
http://newsletter.atixnet.fr/CNPS/2015_07_22_programme.pdf


La question "Faut-il des professionnels de santé partout ?", qui sera posée lors de la troisième table ronde, m'a fait lever un sourcil. Le seul fait de se la poser est un début de renoncement : l'accès aux soins pour tous n'est plus un postulat, en 2015. C'est un sujet de discussion parmi d'autres. C'est peut-être aussi, tout simplement, une prise en compte de la sinistre réalité.

Quoi qu'il en soit, il est intéressant de discuter de démographie avec les autres professions de santé libérales, d'autant que le contrat incitatif des orthophonistes s'approche doucement des trois ans qu'il avait à vivre : le 13ème avenant de la Convention est entré en vigueur le 6 novembre 2012.

Notre liberté totale d'installation, déjà bien écornée dans les faits par la loi sur l'accessibilité (même si ce n'était pas son objectif avoué), pourrait donc revenir dans les discussions.

lundi 17 août 2015

Epargne : faut-il choisir la rente ?



Après une vie d'épargne, faut-il récupérer son capital ou le convertir en rente viagère ? L'assurance-vie et le PEA-assurance nous laissent ce choix. En revanche, le PERP et l'épargne retraite Madelin aboutissent forcément à une sortie en rente, sauf rares exceptions.

La revue Mieux Vivre Votre Argent de juillet-août comporte un article intéressant sur la sortie en rente. L'auteur, Aurélie Fardeau, commence par rappeler que les épargnants sont généralement très hermétiques à l'idée de ne pas récupérer leur capital et de le confier à une compagnie d'assurance, en échange d'une rente régulière.

En cas de décès rapide, l'assureur est gagnant. Cela peut effectivement effrayer. Mais après tout, en cas de décès rapide... on est mort. En revanche, en cas de bonne longévité, c'est l'épargnant qui y gagne : s'il avait récupéré son capital à 67 ans, un centenaire l'aurait mangé depuis belle lurette. Beaucoup de gens prévoient d'arrêter d'épargner lors de leur départ en retraite et comptent sur les intérêts (souvent ceux du fonds en euros de leur assurance vie) pour arrondir leur maigre retraite obligatoire. Mais rappelons que sur un placement à 3 %, pour obtenir 2000 € d'intérêts par mois, il faut avoir accumulé 800 000 € ! C'est une somme difficile à atteindre avec un revenu de paramédical. 

Il est donc très probable qu'arrivé à la retraite, nous devions manger progressivement notre capital accumulé et qu'un jour, il ne reste plus que la CARPIMKO. C'est très inquiétant, étant donné l'évolution des trois régimes de retraite de cette caisse obligatoire.

Rien de tel avec la rente : l'assureur paie jusqu'au décès. C'est le principal argument positif de l'article de Madame Fardeau. Elle donne ensuite plusieurs exemples, en fonction de l'âge de départ à la retraite et du type de rente, pour quelqu'un qui a capitalisé 150 000 € pendant sa carrière. Citons la rente non réversible au conjoint survivant :
  • celui qui part à 60 ans obtient une rente de 406 € par mois (rendement : 3 %)
  • celui qui part à 70 ans obtient 581 € par mois (rendement : 5 %).
Si la rente est réversible à 60 % et que le conjoint survivant a le même âge, ces deux montants deviennent respectivement 371 et 517 €. Ces données proviennent de chez Swiss Life.

Voilà des montants assez faibles. Malheureusement, il y a plusieurs autres raisons de rejeter cette solution :
  • Les frais sont importants : de l'ordre de 3 % sur les arrérages (les versements de rente par la compagnie).
  • Le rendement est inférieur à celui du fonds en euros de la même compagnie. Voilà une sinistre perspective.
  • C'est l'assureur qui gère l'argent au moment de la retraite : on ne peut plus arbitrer sur tel ou tel type de placement en fonction du climat économique. Confier sa destinée à une compagnie d'assurance est presque aussi infantilisant que le système de la CARPIMKO, qui décide combien elle nous verse et comment elle gère notre argent.
Finalement, l'article de Mieux Vivre Votre Argent donne des détails sur la fiscalité des rentes issues d'une assurance-vie non Madelin, d'un Perco (pour les salariés), d'un PEA-assurance et d'un PERP. Il n'évoque pas le Madelin, spécifique aux travailleurs indépendants que nous sommes. Mais le principe du PERP s'en approche fortement. Vous connaissez probablement la fiscalité de l'épargne Madelin : les versements effectués pendant la carrière sont déductibles du revenu professionnel, mais les arrérages perçus pendant la retraite sont imposables. En cas d'assurance-vie non Madelin, les versements ne sont pas déductibles et 40 % des arrérages sont imposables en cas de départ entre 60 et 69 ans. Encore un argument contre la rente.

Personnellement, je reste sceptique devant un système qui ne me laisse pas la main et qui subit des frais importants. On peut toutefois souscrire un petit contrat retraite Madelin à titre de diversification et de défiscalisation... en espérant ne pas payer davantage d'impôts à 70 ans qu'à 30, sinon l'Etat saura reprendre ce qu'il aura donné.